Actualité Africaine/ Arrestation du journaliste Ali Lmrabet au Maroc.

Actualité Africaine/ Arrestation du journaliste Ali Lmrabet au Maroc.

Actualité Africaine/ Arrestation du journaliste Ali Lmrabet au Maroc.

Un documentaire de Agence Presse Audio


Le journaliste franco-marocain Ali Lmrabet, figure emblématique de la presse indépendante âgée de 66 ans, a été interpellé dimanche 12 juillet 2026 à son arrivée à l’aéroport de Tanger en provenance d’Espagne.

2:05 Ecouter

Un documentaire de

Agence Presse Audio


Mise en ligne

14 Juillet 2026


Réalisation

Agence Presse Audio


Mise en onde & mix

Agence Presse Audio


Illustration

Agence Presse Radio


Production

Agence Presse Audio

Le journaliste franco-marocain Ali Lmrabet, figure emblématique de la presse indépendante âgée de 66 ans, a été interpellé dimanche 12 juillet 2026 à son arrivée à l’aéroport de Tanger en provenance d’Espagne. Selon son épouse, Laura Feliu, et l’organisation Reporters sans frontières (RSF), il est poursuivi pour « diffusion de fausses informations » et « atteinte aux institutions constitutionnelles ».

Visé par plusieurs avis de recherche dans son pays d’origine, le journaliste a été immédiatement transféré vers Casablanca pour y être entendu par la Brigade nationale, avant sa présentation devant le procureur. Cette arrestation marque un nouveau chapitre dans le bras de fer qui oppose cette plume acérée aux autorités de Rabat. Pionnier de la presse satirique au Maroc, Ali Lmrabet dirigeait les hebdomadaires Demain Magazine et Doumane avant leur interdiction définitive en 2003.

Condamné à l’époque à trois ans de prison pour « outrage au roi », il avait finalement été libéré début 2004 à la faveur d’une grâce royale, sans pour autant que les tensions avec le pouvoir ne s’apaisent. Son engagement lui a valu une exclusion prolongée du paysage médiatique marocain.

En 2005, une condamnation pour diffamation, liée à des déclarations sur les Sahraouis des camps de Tindouf, un sujet ultra-sensible touchant à la question du Sahara occidental, l’avait interdit d’exercer son métier sur le territoire national pendant dix ans.

Contraint à l’exil, il s’était établi à Barcelone et ne retournait plus que très rarement au Maroc depuis le décès de son père. Ce retour forcé devant les tribunaux marocains suscite déjà une vive inquiétude chez les défenseurs de la liberté de la presse. Alors que le parquet marocain observe pour l’instant le silence, cette interpellation hautement symbolique relance le débat sur le traitement des voix critiques et de la dissidence journalistique dans le Royaume.

Texte et récit : Silvère Bossiei