TECHNOLOGIE / Un “Soleil artificiel” dans l’espace : le projet Eärendil-1 qui divise déjà le monde scientifique.

TECHNOLOGIE / Un “Soleil artificiel” dans l’espace : le projet Eärendil-1 qui divise déjà le monde scientifique.

TECHNOLOGIE / Un “Soleil artificiel” dans l’espace : le projet Eärendil-1 qui divise déjà le monde scientifique.

Un documentaire de Agence Presse Audio


C’est une avancée technologique qui fascine autant qu’elle inquiète. Les États-Unis viennent de franchir un cap inédit avec l’approbation d’un satellite-miroir capable de renvoyer la lumière du Soleil vers la Terre en pleine nuit.

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20 Juillet 2026


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C’est une avancée technologique qui fascine autant qu’elle inquiète. Les États-Unis viennent de franchir un cap inédit avec l’approbation d’un satellite-miroir capable de renvoyer la lumière du Soleil vers la Terre en pleine nuit. Baptisé Eärendil-1, cet engin développé par la startup américaine « Reflect Orbital » promet d’éclairer des zones entières du globe sur commande. Une prouesse validée le 9 juillet 2026 par la Federal communications commission, malgré près de 2 000 avis critiques.

Le principe est aussi simple que spectaculaire : déployer en orbite basse un immense miroir de 18 mètres capable de réfléchir la lumière solaire vers un point précis sur Terre. Résultat : une zone de près de 5 km pourrait être illuminée en pleine nuit, avec une intensité allant jusqu’à quatre fois celle de la pleine lune.

Derrière ce projet, on retrouve Ben Nowack, ancien ingénieur de SpaceX, qui ambitionne de créer une véritable “industrie de la lumière à la demande”. Objectif affiché : aider les zones sinistrées, prolonger les activités nocturnes, ou encore booster la production d’énergie solaire.

Mais cette innovation ne fait pas l’unanimité. Pour de nombreux scientifiques, c’est une menace directe pour l’équilibre du ciel nocturne. L’astronome Samantha Lawler alerte : « Cela m’effraie, c’est une faille majeure dans la régulation de l’espace. »

Les inquiétudes sont multiples : Pollution lumineuse accrue, déjà amplifiée par les constellations de satellites ; Risques pour l’astronomie, avec des observations perturbées voire impossibles ; Impacts biologiques, notamment sur les cycles naturels des animaux nocturnes ; Dangers pour l’aviation, avec des faisceaux lumineux imprévisibles. Sans oublier un projet encore plus ambitieux : Reflect Orbital prévoit de déployer jusqu’à 50 000 satellites dans les dix prochaines années.

L’idée de refléter la lumière du Soleil depuis l’espace n’est pas nouvelle. En 1993, la Russie avait déjà testé un dispositif similaire avec Znamya 2. Mais jamais à une échelle commerciale aussi massive. Aujourd’hui, avec le soutien indirect des autorités américaines, dont la direction est nommée par le président Donald Trump, le projet entre dans une nouvelle dimension.

Si le premier lancement est prévu d’ici fin 2026, Eärendil-1 pourrait bien marquer le début d’une nouvelle ère, où la nuit ne serait plus vraiment noire. Reste une question essentielle : en voulant prolonger le jour, l’humanité est-elle prête à sacrifier la beauté et l’équilibre de la nuit ? Car à force de vouloir éclairer le monde, ne risque-t-on pas d’éteindre les étoiles ?

Texte et récit : Marie-Paule N'GUESSAN