ÉCONOMIE / Spécial 8 mars : Ces 8 femmes qui pilotent des géants de l’économie ivoirienne et pèsent des centaines de milliards.

ÉCONOMIE / Spécial 8 mars : Ces 8 femmes qui pilotent des géants de l’économie ivoirienne et pèsent des centaines de milliards.

ÉCONOMIE / Spécial 8 mars : Ces 8 femmes qui pilotent des géants de l’économie ivoirienne et pèsent des centaines de milliards.

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À la faveur du 8 mars, Journée internationale des droits des femmes, le leadership féminin s’impose de plus en plus comme une réalité dans les sphères stratégiques de l’économie ivoirienne.

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09 Mars 2026


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À la faveur du 8 mars, Journée internationale des droits des femmes, le leadership féminin s’impose de plus en plus comme une réalité dans les sphères stratégiques de l’économie ivoirienne. Longtemps dominés par les hommes, des secteurs clés comme le pétrole, les mines, l’énergie, les télécommunications ou encore la logistique portuaire comptent désormais des femmes à la tête d’entreprises générant des centaines de milliards de FCFA. À partir des dernières données financières disponibles pour 2024, un panorama dressé par Sika Finance le vendredi 6 mars 2026, met en lumière huit dirigeantes qui pilotent certaines des plus grandes entreprises opérant en Côte d’Ivoire. Leur point commun : des parcours d’excellence, une expertise technique solide et une capacité à conduire des organisations de premier plan dans un environnement économique très concurrentiel.

Le pétrole et les mines, bastions désormais féminins

En tête de ce classement figure Fatoumata Sanogo, directrice générale de Petroci Holding, le bras opérationnel de l’État ivoirien dans l’exploration et la production pétrolière. Depuis sa nomination en juillet 2023, elle pilote un groupe qui a enregistré 576,15 milliards FCFA de chiffre d’affaires en 2024, pour 32,45 milliards FCFA de bénéfice net. Ingénieure en production pétro-gazière diplômée de l’INP-HB de Yamoussoukro, elle cumule plus de 20 ans d’expérience internationale sur des plateformes pétrolières en Afrique, en Europe, aux États-Unis et au Moyen-Orient, au sein de grandes majors du secteur. Dans le secteur minier, Laetitia Gadegbeku-Ouattara s’impose également comme une figure incontournable.

Directrice-pays du groupe canadien Endeavour Mining, elle supervise notamment les mines d’Ity et de Lafigué, deux piliers de la production aurifère nationale. En 2024, les activités du groupe en Côte d’Ivoire ont généré 390 milliards FCFA de chiffre d’affaires, lui permettant d’occuper la 2ᵉ place du classement. Titulaire d’un MBA de l’Université Laval, elle a d’abord travaillé comme conseillère commerciale pour le gouvernement canadien avant de s’imposer dans l’industrie minière ouest-africaine. Autre figure majeure de l’énergie, Joséphine Adiey Sidibé dirige la Société multinationale des bitumes (SMB), filiale stratégique de la SIR. L’entreprise a enregistré 229,06 milliards FCFA de chiffre d’affaires en 2024, pour 8,69 milliards FCFA de résultat net. Forte de plus de 30 ans d’expérience dans l’industrie pétrolière, elle a été élue en avril 2025 présidente de l’Association des raffineurs et distributeurs africains (ARDA).

Ports, télécoms et finance : des secteurs clés sous leadership féminin

Dans l’univers de la logistique portuaire, Asta Rosa Cissé occupe une position stratégique. Directrice régionale d’Africa Global Logistics (AGL) et responsable d’Abidjan Terminal, elle pilote deux structures totalisant plus de 170 milliards FCFA de chiffre d’affaires cumulés en 2024. Diplômée de l’ESG Paris et de l’IESE Business School, elle a rejoint le groupe Bolloré en 2002 et s’est imposée comme l’une des figures majeures de la logistique maritime en Afrique de l’Ouest. Son parcours lui a valu d’être faite Chevalier de l’Ordre du mérite maritime en 2019. Dans les télécommunications, Fatim Cissé Kouadio incarne la nouvelle génération de dirigeantes technologiques. Directrice générale de IHS Towers Côte d’Ivoire, l’entreprise spécialisée dans les infrastructures télécoms a réalisé 76,83 milliards FCFA de chiffre d’affaires en 2024. 

Première Ivoirienne diplômée en intelligence artificielle, passée notamment par HEC Montréal et Harvard Business School, elle s’est aussi illustrée comme entrepreneure en fondant Dux Côte d’Ivoire, une structure dédiée à la transformation digitale. Le secteur de la finance digitale n’est pas en reste. Mariame Diaby Touré, qui a dirigé Orange Money Côte d’Ivoire jusqu’en février 2026, a contribué à faire de la plateforme un acteur majeur des paiements mobiles dans le pays. Sous sa direction, l’entreprise a atteint 69,52 milliards FCFA de chiffre d’affaires en 2024, soit une croissance de 17,57 %. Aujourd’hui, elle occupe les fonctions de directrice de la stratégie, de l’international et du développement chez Orange Côte d’Ivoire, poursuivant son influence sur l’expansion du groupe.

L’énergie et la distribution aussi au féminin

Dans la production électrique, Kadidjatou Diallo Keïta, directrice générale de la Compagnie ivoirienne de production d’électricité (CIPREL) depuis 2018, pilote l’un des principaux producteurs d’électricité du pays. L’entreprise revendique 64,06 milliards FCFA de chiffre d’affaires en 2024, pour 22,23 milliards FCFA de bénéfice net. Diplômée de l’ESCA de l’INP-HB, elle a débuté sa carrière chez Ernst & Young avant de rejoindre CIPREL où elle gravira progressivement les échelons jusqu’à la direction générale. Enfin, Oumou Coulibaly, PDG de Ivoire Win, complète ce classement. Spécialisée dans la distribution de produits pétroliers, son entreprise a réalisé 61,96 milliards FCFA de chiffre d’affaires en 2024. Son leadership lui a valu d’être distinguée en décembre 2025 par l’ONG Afrique Vérité pour son engagement et sa vision entrepreneuriale.

Une nouvelle génération de modèles économiques

Au-delà des chiffres, ces dirigeantes incarnent une évolution profonde du paysage économique ivoirien. Elles pilotent des entreprises stratégiques, participent aux grandes décisions industrielles et influencent la transformation de secteurs clés de l’économie. À l’heure où la Côte d’Ivoire poursuit sa dynamique de croissance, ces femmes démontrent qu’expertise, audace et leadership n’ont pas de genre.  Et à l’approche du 8 mars, elles rappellent surtout qu’une économie plus performante est aussi une économie où les talents féminins occupent pleinement leur place au sommet.

Texte et récit : Marie-Paule N'GUESSAN