Actualité africaine. L’AES déploie une force militaire commune pour reprendre l’initiative sécuritaire.

Actualité africaine. L’AES déploie une force militaire commune pour reprendre l’initiative sécuritaire.

Actualité africaine. L’AES déploie une force militaire commune pour reprendre l’initiative sécuritaire.

Un documentaire de Agence Presse Audio


Annoncée par le ministre d’État et ministre de la Défense du Niger, le général de corps d’armée Salifou Mody, lors d’une interview télévisée le 21 janvier 2025, la force militaire unifiée de l’Alliance des États du Sahel (AES) est désormais pleinement opérationnelle.

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22 Décembre 2025


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Annoncée par le ministre d’État et ministre de la Défense du Niger, le général de corps d’armée Salifou Mody, lors d’une interview télévisée le 21 janvier 2025, la force militaire unifiée de l’Alliance des États du Sahel (AES) est désormais pleinement opérationnelle. Cette étape décisive a été officialisée à l’occasion d’une cérémonie solennelle organisée à Bamako le samedi 20 décembre. Forte de 5 000 soldats provenant du Mali, du Burkina Faso et du Niger, cette armée multinationale ouvre un nouveau chapitre de la coopération sécuritaire entre les trois pays sahéliens.

Placée sous le commandement du général Daouda Traoré, la force unifiée de l’AES a pour mission principale de combattre les groupes armés terroristes actifs dans les zones frontalières, en particulier dans la région stratégique dite des trois frontières. Les autorités des pays membres entendent ainsi dépasser les limites des réponses strictement nationales pour mettre en œuvre une action collective, mieux coordonnée et plus efficace face à une menace par nature transfrontalière.

La cérémonie de remise de l’Étendard s’est déroulée sous la présidence du général Assimi Goïta, président de la transition du Mali et président en exercice de la Confédération de l’AES. Dans son allocution, il a insisté sur l’importance du nouveau dispositif de commandement, notamment l’installation d’un poste de commandement conjoint à Niamey, la capitale nigérienne, chargé de la planification et de la coordination des opérations militaires sur l’ensemble de l’espace sahélien concerné. L’ambition affichée est d’anticiper les actions des groupes armés plutôt que de se cantonner à des réponses essentiellement défensives.

Au-delà de la dimension strictement militaire, les dirigeants de l’AES mettent en avant une approche globale de la sécurité. Selon Assimi Goïta, les pays sahéliens sont confrontés à des menaces imbriquées, à la fois armées, économiques et informationnelles. C’est dans ce contexte qu’a été annoncée la création d’outils de communication communs, comprenant une chaîne de télévision, une radio et une presse écrite estampillées AES, destinées à lutter contre la désinformation et à renforcer la cohésion des populations autour de l’effort sécuritaire. Le déploiement de cette force unifiée intervient dans un contexte politique marqué par une rupture avec les cadres régionaux traditionnels. Créée en septembre 2023 puis érigée en confédération en juillet 2024, l’Alliance des États du Sahel a entériné le retrait du Mali, du Burkina

Faso et du Niger de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ; un retrait devenu effectif en janvier 2025. Les trois pays reprochent à l’organisation ouest-africaine son manque d’efficacité face à la crise sécuritaire et des sanctions qu’ils jugent contre-productives. En mettant sur pied leur propre force militaire commune, les États de l’AES affirment leur volonté d’autonomie stratégique et de souveraineté sécuritaire. Cette initiative, à la fois militaire et politique, vise à redonner l’initiative aux armées sahéliennes et à poser les bases d’une nouvelle architecture de défense régionale, conçue par et pour les pays du Sahel.

Texte : La plume de la Bagoué