CULTURE / MASA : des racines à la relève, l’épopée d’un pilier des arts vivants africains.

CULTURE / MASA : des racines à la relève, l’épopée d’un pilier des arts vivants africains.

CULTURE / MASA : des racines à la relève, l’épopée d’un pilier des arts vivants africains.

Un documentaire de Agence Presse Audio


Né d’une urgence culturelle et devenu un symbole continental, le Marché des arts du spectacle africain d’Abidjan (MASA) incarne aujourd’hui bien plus qu’un simple rendez-vous artistique : une mission, presque un sacerdoce pour la Côte d’Ivoire.

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24 Avril 2026


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Né d’une urgence culturelle et devenu un symbole continental, le Marché des arts du spectacle africain d’Abidjan (MASA) incarne aujourd’hui bien plus qu’un simple rendez-vous artistique : une mission, presque un sacerdoce pour la Côte d’Ivoire. Aux origines : une réponse à la crise des arts africains. C’est en 1990, à Liège en Belgique, lors de la deuxième Conférence des ministres de la Culture et de la Francophonie, que germe l’idée du MASA. À l’époque, les arts vivants africains, musique, théâtre, danse, traversent une crise structurelle marquée par un déficit d’infrastructures, de formation et de circuits de diffusion.

Porté par l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) et les ministres francophones, le projet ambitionne de structurer le secteur et d’ouvrir les productions africaines au marché international. Trois ans plus tard, en 1993, Abidjan accueille la première édition, scellant son statut de capitale des arts vivants africains. Très vite, le MASA évolue. Le 5 mars 1998, il devient un véritable programme international de développement culturel, avant de s’ancrer définitivement en Côte d’Ivoire en 1999. Sa structuration en deux volets, MASA IN (marché professionnel) et MASA OFF (festival grand public), lui permet de conjuguer exigence artistique et accessibilité populaire.

Henriette Dagri Diabaté : la vision d’une pionnière

Derrière cette institution majeure se dresse une figure incontournable : Henriette Dagri Diabaté. Ministre de la Culture entre 1990 et 1993, elle impulse la première édition du MASA à Abidjan, posant les bases d’un projet structurant pour toute une industrie. Son action ne se limite pas à la création d’un événement. Elle initie une vision : professionnaliser les acteurs culturels, valoriser les talents africains et faire de la culture, un levier de développement. Grâce à elle, le MASA devient une vitrine de la création contemporaine africaine et un catalyseur d’opportunités pour des centaines d’artistes. Aujourd’hui encore, son héritage demeure vivant. Le prestigieux Prix Henriette Dagri Diabaté, instauré en son honneur, perpétue cette mémoire et récompense l’excellence artistique, tout en inspirant les nouvelles générations.

Françoise Remarck : la transmission et l’innovation au cœur du MASA

Sous l’impulsion actuelle de Françoise Remarck, ministre de la Culture et de la Francophonie, le MASA franchit un nouveau cap. Plus qu’un événement culturel, il est désormais pensé comme un outil stratégique d’intégration économique et sociale. La 14ᵉ édition illustre cette dynamique. Parmi les innovations majeures, le « MASA des écoles » marque un tournant décisif : sensibiliser les plus jeunes à la culture, transmettre les valeurs artistiques et ancrer l’identité africaine dès le plus jeune âge. Une initiative saluée pour son impact éducatif et sociétal. Le MASA se veut également plus inclusif, plus ouvert, et résolument tourné vers la jeunesse. Entre compétitions, performances scéniques et rencontres professionnelles, il attire une nouvelle génération d’artistes et de publics, consolidant son rôle de tremplin et de laboratoire de créativité.

Une promesse tenue, un héritage en mouvement

Au fil des éditions, le MASA a tenu ses promesses : révéler des talents, générer des opportunités économiques, professionnaliser le secteur et rapprocher les peuples à travers l’art. Véritable carrefour culturel, il est aujourd’hui un rendez-vous incontournable du continent. Et comme le rappelle ce proverbe gouro chargé de sagesse : « Quand tu ramasses la noix de rônier, remercie le vent. » Le MASA, lui, continue de remercier ses racines tout en laissant souffler un vent nouveau, celui d’une jeunesse créative, engagée et prête à porter haut les couleurs des arts africains.

Texte et récit : Marie-Paule N'GUESSAN