CULTURE / Restitutions : la France veut tourner la page… sans rouvrir toutes les blessures.

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CULTURE / Restitutions : la France veut tourner la page… sans rouvrir toutes les blessures.

Un documentaire de Agence Presse Audio


Depuis le lundi 13 avril 2026, l’Assemblée nationale examine un projet de loi très attendu : faciliter le retour des œuvres africaines acquises durant la colonisation. Une promesse portée depuis 2017 par le président français Emmanuel Macron, mais restée jusqu’ici largement symbolique.

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14 Avril 2026


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Depuis le lundi 13 avril 2026, l’Assemblée nationale examine un projet de loi très attendu : faciliter le retour des œuvres africaines acquises durant la colonisation. Une promesse portée depuis 2017 par le président français Emmanuel Macron, mais restée jusqu’ici largement symbolique. 

Car derrière les discours, les restitutions se comptent encore sur les doigts d’une main. Certes, la France a marqué les esprits avec le retour des trésors d’Abomey au Bénin ou encore celui du sabre d’El Hadj Omar au Sénégal. Plus récemment, la restitution du tambour parleur ivoirien, le Djidji Ayôkwè, a ravivé le débat. Mais le processus reste lent, contraint par un principe juridique rigide : l’inaliénabilité des collections publiques.

Le nouveau texte veut changer la donne. Objectif : passer d’un parcours législatif lourd à des restitutions par simple décret, encadrées par des commissions scientifiques et parlementaires. Une petite révolution administrative mais pas sans limites. Le projet ne concerne que les biens acquis entre 1815 et 1972, laissant de côté certains objets emblématiques réclamés par des pays comme le Mexique. Une restriction qui fait grincer des dents à gauche, où l’on dénonce un cadre trop étroit, voire une forme d’évitement du débat historique.

À droite, et surtout à l’extrême droite, le ton est tout autre : pas question de “repentance”. Le Rassemblement national souhaite même conditionner les restitutions à la qualité des relations diplomatiques, visant notamment l’Algérie. Entre devoir de mémoire et intérêts géopolitiques, la ligne est étroite. Car au-delà des œuvres, ce sont des symboles, des identités et des blessures historiques qui sont en jeu. Une chose est sûre : si cette loi promet d’accélérer les restitutions, elle ne suffira pas à clore le débat. Car rendre des objets, c’est une chose mais restituer pleinement l’histoire, en est une autre.

Texte et récit : Marie-Paule N'GUESSAN