Coopération. AGOA, le Congrès américain relance le partenariat commercial avec l’Afrique.

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Coopération. AGOA, le Congrès américain relance le partenariat commercial avec l’Afrique.

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La Chambre des représentants des États-Unis a voté le 13 janvier 2026, à une large majorité, la prolongation de trois ans de l’African Growth and Opportunity Act (AGOA), offrant un nouveau souffle au principal cadre commercial entre Washington et l’Afrique subsaharienne.

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14 Janvier 2026


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La Chambre des représentants des États-Unis a voté le 13 janvier 2026, à une large majorité, la prolongation de trois ans de l’African Growth and Opportunity Act (AGOA), offrant un nouveau souffle au principal cadre commercial entre Washington et l’Afrique subsaharienne. Adopté par 340 voix contre 54, le texte étend le programme jusqu’au 31 décembre 2028 et attend désormais l’approbation du Sénat. En vigueur depuis 2000, l’AGOA permet aux pays africains éligibles d’exporter vers le marché américain, des milliers de produits, sans droits de douane. Son expiration fin septembre 2025 avait plongé les entreprises et les gouvernements africains dans l’incertitude, avec la crainte de perturbations des chaînes d’approvisionnement, d’une perte de compétitivité et d’un affaiblissement des relations commerciales avec les États-Unis.

Portée par le député républicain Jason Smith, la proposition bénéficie d’un rare consensus bipartisan. Elle inclut des dispositions techniques autorisant le remboursement rétroactif des droits de douane payés par les entreprises ayant continué à exporter après l’expiration du programme, une mesure cruciale pour les secteurs du textile et de l’habillement. À la fin du programme, 32 pays africains en bénéficiaient. L’accès reste toutefois conditionné au respect de critères stricts liés à la gouvernance démocratique, à l’État de droit et à l’économie de marché. Plusieurs pays, dont le Gabon, le Niger, la République centrafricaine et l’Ouganda, ont ainsi perdu leur éligibilité en janvier 2024, rappelant la dimension politique du dispositif. La reconduction de l’AGOA est perçue comme un signal fort pour les exportateurs africains. Le Centre du commerce international avait averti qu’une non-prolongation pourrait entraîner une baisse de 189 millions de dollars des exportations d’ici 2029, dont 138 millions pour le seul secteur du textile et de l’habillement.

L’avenir du programme semble désormais plus lisible, mais le cas de l’Afrique du Sud reste sensible. Pretoria est au centre de tensions diplomatiques persistantes avec Washington, notamment en raison de ses coopérations militaires avec la Chine, la Russie et l’Iran. À l’approche du vote, les autorités sud-africaines auraient demandé à l’Iran de se retirer d’un exercice naval conjoint à False Bay, un geste interprété comme une tentative d’apaisement. Les critiques demeurent toutefois vives au Congrès. Le sénateur républicain Jim Risch a publiquement remis en cause l’éligibilité de l’Afrique du Sud, jugeant que sa politique officielle de non-alignement est contredite par des choix stratégiques perçus comme hostiles aux intérêts américains.

En parallèle, de puissantes organisations industrielles américaines ont soutenu le renouvellement de l’AGOA, soulignant ses retombées positives pour l’économie américaine. Elles estiment que le programme favorise les exportations de coton et de textiles américains, offre des alternatives aux chaînes d’approvisionnement chinoises et soutient l’emploi aux États-Unis. Si le Sénat approuve le texte et que le président américain Donald Trump le promulgue, l’AGOA renforcera à court terme la prévisibilité pour les entreprises africaines et le cadre des échanges entre Washington et l’Afrique subsaharienne. Reste à savoir dans quelle mesure les considérations géopolitiques pèseront sur la liste finale des pays bénéficiaires.

Texte : La plume de la Bagoué