FAITS DIVERS / Burundi : panique meurtrière à Bujumbura, une croisade évangélique vire au drame.
FAITS DIVERS / Burundi : panique meurtrière à Bujumbura, une croisade évangélique vire au drame.
Un documentaire de Agence Presse Audio
La ferveur s’est transformée en tragédie. Au Burundi, un rassemblement religieux d’envergure a viré au cauchemar dans la nuit du samedi 18 juillet 2026.
Un documentaire de
Agence Presse Audio
Mise en ligne
22 Juillet 2026
Réalisation
Agence Presse Audio
Mise en onde & mix
Agence Presse Audio
Illustration
Agence Presse Radio
Production
Agence Presse Audio
La ferveur s’est transformée en tragédie. Au Burundi, un rassemblement religieux d’envergure a viré au cauchemar dans la nuit du samedi 18 juillet 2026. À Bujumbura, à l'ouest du pays, au moins huit personnes ont perdu la vie et neuf autres ont été blessées dans un mouvement de foule survenu à la fin d’une grande croisade évangélique "Kanguka" conduite par le prédicateur Chris Ndikumana.
Selon les premiers éléments rapportés par la police, le drame s’est produit tard dans la soirée, alors que des milliers de fidèles tentaient de quitter simultanément le site de l’événement, organisé à l’école technique de Kamenge. Une sortie mal maîtrisée, combinée à une affluence massive, a rapidement provoqué une bousculade incontrôlable. « Tout le monde voulait sortir en même temps, il y a eu des chutes, des cris, et certains ont été piétinés », témoigne un enseignant présent sur les lieux.
Sur les images captées dans l’obscurité, une foule compacte entoure la scène où prêchait celui que beaucoup surnomment déjà une figure montante de l’évangélisation en Afrique francophone. Suivi par plus d’un million d’abonnés sur YouTube, Chris Ndikumana attire des foules impressionnantes, comme en témoigne son passage à Abidjan en 2024 où près de 30 000 fidèles s’étaient déplacés.
Face à l’émotion suscitée, le prédicateur a finalement brisé le silence le lundi 20 juillet via ses réseaux sociaux. « Certains ont été blessés, d’autres ont malheureusement perdu la vie. Cela nous a profondément attristés. Nous adressons nos sincères condoléances aux familles endeuillées », a-t-il déclaré, dans un message sobre mais chargé d’émotion.
Pour l’heure, les autorités burundaises n’ont pas précisé si une enquête officielle a été ouverte afin de déterminer les responsabilités. Ce drame remet néanmoins en lumière les risques liés à ces rassemblements religieux de grande ampleur, souvent organisés dans des infrastructures inadaptées à de telles foules.
Ce n’est pas un cas isolé. Ces dernières années, plusieurs tragédies similaires ont endeuillé le continent africain. En 2020, en Tanzanie, une ruée vers une « huile sainte » avait coûté la vie à une vingtaine de personnes. Deux ans plus tard, au Liberia, 29 fidèles, dont des enfants, avaient péri dans une bousculade après une tentative de vol lors d’un rassemblement religieux.
Dans un pays comme le Burundi, où la foi constitue un refuge face aux difficultés économiques, ces rassemblements sont bien plus que des événements spirituels : ils sont des lieux d’espoir. Mais samedi soir, cet espoir s’est brisé dans la confusion et la peur. Et derrière les chiffres, ce sont surtout des vies fauchées, des familles brisées et une question persistante : jusqu’où la foi peut-elle rassembler sans mettre en danger ceux qui y croient ?
Texte et récit : Marie-Paule N'GUESSAN



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