LITTÉRATURE / Mori Touré ressuscité : quand Sidi Tiémoko Touré réécrit l’histoire oubliée de l’Afrique.
LITTÉRATURE / Mori Touré ressuscité : quand Sidi Tiémoko Touré réécrit l’histoire oubliée de l’Afrique.
Un documentaire de Agence Presse Audio
Le passé africain n’a pas dit son dernier mot. Et c’est dans un cadre à la hauteur de l’enjeu, le prestigieux Sofitel Abidjan Hôtel Ivoire, que l’histoire a repris vie, le jeudi 16 avril 2026.
Un documentaire de
Agence Presse Audio
Mise en ligne
20 Avril 2026
Réalisation
Agence Presse Audio
Mise en onde & mix
Agence Presse Audio
Illustration
Agence Presse Audio
Production
Agence Presse Audio
Le passé africain n’a pas dit son dernier mot. Et c’est dans un cadre à la hauteur de l’enjeu, le prestigieux Sofitel Abidjan Hôtel Ivoire, que l’histoire a repris vie, le jeudi 16 avril 2026. Dans la salle Majestic, une élite triée sur le volet s’est réunie pour assister au lancement d’un ouvrage déjà annoncé comme majeur : « L’Histoire oubliée de Mori Touré le Conquérant : de l’empire Songhaï à Marabadjassa (1492–1959) », signé Sidi Tiémoko Touré.
Préfacé par l’éminente historienne Henriette Dagri-Diabaté et publié chez L'Harmattan, l’ouvrage s’impose d’emblée comme une entreprise de réhabilitation mémorielle. Il redonne voix à une figure longtemps reléguée aux marges des récits officiels : Mori Touré, conquérant, stratège et bâtisseur dont l’influence s’étend bien au-delà de son époque.
Dans une atmosphère solennelle, marquée par la présence du ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Adama Diawara et de nombreuses personnalités politiques, diplomatiques et académiques, le livre a été accueilli comme un acte fort. Bien plus qu’une simple parution, il s’agit d’un geste intellectuel engagé, presque militant, en faveur d’une histoire africaine racontée de l’intérieur.
Car au cœur de cette œuvre, il y a une conviction : celle que l’Afrique doit reprendre possession de son récit. « L’historiographie du peuplement reste insuffisante pour certains peuples ivoiriens », a souligné Sidi Tiémoko Touré, assumant pleinement la portée de son travail. Structuré en trois grandes parties, le livre retrace la trajectoire de Seydou Touré (1824–1878), éclaire le destin de Mori Touré (1854–1891), et analyse la résistance de Marabadjassa face à la conquête coloniale (1893–1959).
À travers une documentation rigoureuse et une narration incarnée, l’auteur tisse un lien puissant entre mémoire familiale et histoire collective. Il exhume des dynamiques locales longtemps ignorées, tout en les replaçant dans les grands bouleversements ouest-africains, de l’Empire Songhaï (État précolonial d'Afrique de l'Ouest) aux résistances face à la pénétration coloniale.
Mais ce qui rend cet ouvrage particulièrement captivant, c’est sa dimension presque réparatrice. Il ne se contente pas de raconter : il corrige, il complète, il restaure. Mori Touré n’est plus une silhouette floue du passé, mais une figure centrale, dont la vision politique et sociale a façonné durablement plusieurs territoires, jusqu’à Marabadjassa (Région de Gbêkê).
En filigrane, c’est toute une réflexion sur l’identité, la transmission et la souveraineté culturelle qui se dessine. Dans un monde où les récits dominants ont longtemps marginalisé les voix africaines, cette publication apparaît comme une reconquête. Et si, finalement, la plus grande conquête de Mori Touré n’était pas territoriale, mais mémorielle, celle de retrouver sa place dans l’histoire, et d’y inscrire durablement celle de tout un continent ?
Texte et récit : Marie-Paule N'GUESSAN



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