SANTÉ / Sénégal : l’eau en sachet dans le viseur après des résultats sanitaires alarmants.
SANTÉ / Sénégal : l’eau en sachet dans le viseur après des résultats sanitaires alarmants.
Un documentaire de Agence Presse Audio
Des sachets d’eau populaires mais potentiellement dangereux : les autorités sénégalaises lancent l’alerte face à la prolifération des productions clandestines.
Un documentaire de
Agence Presse Audio
Mise en ligne
08 Juillet 2026
Réalisation
Agence Presse Audio
Mise en onde & mix
Agence Presse Audio
Illustration
Agence Presse Radio
Production
Agence Presse Audio
Des sachets d’eau populaires mais potentiellement dangereux : les autorités sénégalaises lancent l’alerte face à la prolifération des productions clandestines. Très prisée pour son prix accessible et vendue à tous les coins de rue, l’eau en sachet pourrait cacher un risque sanitaire majeur au Sénégal. Une étude universitaire présentée lors de la 5ᵉ Journée scientifique sur la sécurité sanitaire des aliments à l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) de Dakar révèle des résultats préoccupants : jusqu’à 82 à 83 % des échantillons analysés seraient impropres à la consommation en raison d’une forte présence de germes bactériologiques.
Les chercheurs ont notamment relevé, dans certains cas, des traces de ''coliformes'', indicateurs possibles d’une contamination par des matières fécales. Une situation qui traduirait, selon l’étude, « une hygiène défectueuse dans la transformation » et représenterait « un risque sanitaire » pour les populations qui consomment quotidiennement ces sachets d’eau. Les prélèvements, réalisés entre août et septembre 2018 par quatre chercheurs de l’UCAD, avaient porté sur 60 sachets issus de 15 marques différentes, collectés dans cinq grands marchés de Dakar : Tilène, Thiaroye, Colobane, Grand-Yoff et Soumbédioune. Les analyses ont révélé une contamination importante par des micro-organismes dépassant largement les normes recommandées par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
Cette alerte scientifique intervient alors que le ministère sénégalais de l’Industrie et du Commerce, dirigé par Serigne Guèye Diop, a tiré la sonnette d’alarme le 6 juillet 2026 sur la multiplication des unités clandestines de fabrication d’eau et de boissons dans les marchés et circuits informels. Les autorités dénoncent plusieurs pratiques à risque : utilisation d’eau non traitée, absence de traçabilité, emballages mal entretenus, conditions de stockage défaillantes et absence d’autorisations officielles.
Le phénomène a déjà attiré l’attention des forces de sécurité. Le 11 mai, la Brigade de recherches de Dakar a démantelé une douzaine d’unités clandestines à Pikine, Thiaroye et Yeumbeul, où des enquêteurs ont découvert de fausses autorisations de mise en vente et des sites déplacés pour échapper aux contrôles. Un mois plus tôt, le 12 avril, une autre unité avait été découverte à Keur Massar dans des locaux jugés insalubres et sans agrément administratif. Le ministère rappelle que la consommation d’eau en sachet contaminée peut provoquer des troubles digestifs sévères, des toxi-infections alimentaires, mais aussi favoriser l’apparition de maladies hydriques comme la diarrhée aiguë, la typhoïde ou le choléra, avec une attention particulière portée aux enfants, aux personnes âgées et aux populations vulnérables.
Face à cette situation, l’opération « Alerte Hygie », menée par le Service d’hygiène, prévoit des inspections dans les sites de production, marchés, dépôts et circuits informels à travers tout le territoire sénégalais. Au-delà des frontières, cette affaire relance la question de la sécurité sanitaire dans la région. En avril, le Sénégal, le Mali et le Burkina Faso avaient déjà activé un dispositif régional d’échange d’alertes contre les aliments impropres à la consommation. Alors que des millions de consommateurs continuent de se tourner vers ces sachets d’eau pour leur faible coût, les autorités lancent un message clair : derrière une petite poche plastique peut se cacher un grand risque pour la santé publique.
Texte et récit : Marie-Paule N'GUESSAN



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