SANTÉ / Tabac illicite : Abidjan devient le quartier général de la riposte africaine.
SANTÉ / Tabac illicite : Abidjan devient le quartier général de la riposte africaine.
Un documentaire de Agence Presse Audio
Abidjan s’impose, le temps de deux jours, comme l’épicentre d’un combat sanitaire et économique majeur. Du 23 au 24 mars 2026, la capitale économique ivoirienne accueille un atelier multi-pays stratégique consacré à l’accélération de la ratification du Protocole pour éliminer le commerce illicite des produits du tabac.
Un documentaire de
Agence Presse Audio
Mise en ligne
24 Mars 2026
Réalisation
Agence Presse Audio
Mise en onde & mix
Agence Presse Audio
Illustration
Agence Presse Audio
Production
Agence Presse Audio
Abidjan s’impose, le temps de deux jours, comme l’épicentre d’un combat sanitaire et économique majeur. Du 23 au 24 mars 2026, la capitale économique ivoirienne accueille un atelier multi-pays stratégique consacré à l’accélération de la ratification du Protocole pour éliminer le commerce illicite des produits du tabac. La rencontre se tient au Sofitel Abidjan Hôtel Ivoire, en présence de délégations venues de 18 pays africains. C’est le ministre ivoirien de la Santé, de l'Hygiène Publique et de la Couverture Maladie Universelle, Pierre N’gou Dimba, qui a donné le ton en procédant à l’ouverture officielle. Derrière les discours protocolaires, l’enjeu est clair : freiner un fléau transnational qui fragilise à la fois les systèmes de santé et les économies nationales.
Un protocole aux dents longues
Adossé à l’Organisation mondiale de la santé via la Convention-cadre pour la lutte antitabac, ce protocole met sur la table un dispositif robuste : délivrance de licences, traçabilité des produits, registres obligatoires, contrôles renforcés et coopération internationale accrue. Un véritable arsenal destiné à assécher les circuits parallèles. Adopté en 2012 et entré en vigueur le 25 septembre 2018, le texte compte aujourd’hui 72 parties, dont seulement 22 en Afrique. Un retard que cet atelier entend combler.
Une bataille à la fois sanitaire et économique
Le commerce illicite du tabac n’est pas qu’une question de fraude. Il rend les cigarettes plus accessibles, notamment aux jeunes, en cassant les prix. Résultat : une consommation en hausse et des politiques de santé publique fragilisées. En parallèle, les États perdent des milliards en recettes fiscales, pendant que des réseaux criminels structurés prospèrent.
Une Afrique en ordre de marche
Durant ces deux jours, les participants passent au crible les avancées nationales, identifient les blocages, juridiques, techniques ou administratifs, et élaborent des solutions concrètes. L’approche se veut pragmatique : partage d’expériences, assistance ciblée et co-construction. Des pays déjà engagés comme la Gambie, le Bénin, la Côte d’Ivoire ou encore le Kenya, jouent un rôle de locomotives, en exposant leurs bonnes pratiques et leurs mécanismes de mise en œuvre. L’objectif est ambitieux mais mesuré : permettre à au moins deux tiers des pays présents de boucler leur processus de ratification ou d’adhésion à l’issue de cet accompagnement.
Abidjan, plaque tournante de la riposte
En accueillant cette rencontre, la Côte d’Ivoire confirme son positionnement stratégique dans la lutte contre les addictions, à travers notamment le Programme national de lutte contre le tabagisme, l’alcoolisme et les autres addictions (PNLTA). Au-delà des engagements, c’est une dynamique continentale qui se dessine. Une Afrique qui ne subit plus le commerce illicite du tabac, mais qui s’organise pour le traquer, le contenir et, à terme, le neutraliser. Car derrière chaque cigarette de contrebande, ce n’est pas seulement une loi qui est contournée, c’est une vie qui est mise en danger, et un État qui perd du terrain.
Texte et récit : Marie-Paule N'GUESSAN



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