SOCIÉTÉ / ANYAMA : Une nuit au bord du drame, quand la santé mentale s’impose comme un impératif de sécurité publique.

SOCIÉTÉ / ANYAMA : Une nuit au bord du drame, quand la santé mentale s’impose comme un impératif de sécurité publique.

SOCIÉTÉ / ANYAMA : Une nuit au bord du drame, quand la santé mentale s’impose comme un impératif de sécurité publique.

Un documentaire de Agence Presse Audio


Mardi 20 janvier 2026, Anyama. Il est un peu plus de 22 heures lorsque le téléphone de la Police nationale sonne. À l’autre bout du fil, un père de famille, la voix tremblante, appelle à l’aide. Chez lui, la situation a basculé.

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21 Janvier 2026


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Mardi 20 janvier 2026, Anyama. Il est un peu plus de 22 heures lorsque le téléphone de la Police nationale sonne. À l’autre bout du fil, un père de famille, la voix tremblante, appelle à l’aide. Chez lui, la situation a basculé. Dans cette maison ordinaire de la commune d’Anyama, le quotidien s’est soudainement transformé en cauchemar. Leur fils de 18 ans, suivi depuis plusieurs années pour des troubles neurologiques, vient de faire une nouvelle crise. Mais cette fois, elle est différente ; plus violente ; plus imprévisible. Le jeune homme ne se contrôle plus. Dans un geste de panique, il saisit un couteau et une fourchette. Les objets du repas deviennent des armes potentielles. Il menace, il avance. Face à lui, ses propres parents. La mère s’effondre en larmes. Le père tente l’impossible : parler, apaiser, rappeler l’amour et la raison. En vain. Chaque seconde semble suspendue. Un faux mouvement, un cri de trop, et le drame peut éclater.

Une intervention sous haute tension

Les policiers du commissariat d’Anyama arrivent rapidement sur les lieux. À leur entrée, le tableau est glaçant : un jeune armé, extrêmement agité, incapable d’obéir aux injonctions. L’atmosphère est électrique. Le moindre excès de force pourrait provoquer l’irréparable. Les agents font alors un choix crucial : celui du sang-froid. Pas de gestes brusques. Pas de cris. Ils parlent doucement, instaurent un dialogue, gagnent du temps. Ils observent, évaluent, patientent. La stratégie porte ses fruits. Progressivement, la tension retombe. Profitant d’un instant de relâchement, les policiers parviennent à désarmer le jeune homme et à le maîtriser. Aucun coup de feu. Aucun blessé. Juste une respiration collective, lourde de soulagement. Les parents, choqués mais indemnes, réalisent qu’ils viennent d’échapper au pire.

De la crise à la prise en charge

Les sapeurs-pompiers sont aussitôt appelés en renfort. Le jeune homme est pris en charge, stabilisé, puis conduit à l’hôpital d’Adjamé pour recevoir les soins nécessaires. La crise est contenue. La vie reprend ses droits. Ce soir-là, à Anyama, il n’y a pas eu de mort. Pas de titre tragique de plus dans la rubrique des faits divers. Juste une famille sauvée et une intervention policière exemplaire, fondée sur le professionnalisme, le calme et l’humanité.

Quand la santé protège aussi la société

Au-delà de l’émotion, cet événement pose une question essentielle : celle de la prise en charge des troubles neurologiques et de la santé mentale. Cette nuit-là, la sécurité publique n’a pas seulement reposé sur l’uniforme et l’autorité, mais aussi sur la compréhension d’une pathologie, sur la patience et sur la coordination entre forces de l’ordre et services de santé. Car une crise mal suivie peut devenir un danger, non par malveillance, mais par abandon thérapeutique ou insuffisance d’accompagnement. Inversement, un système de soins accessible, continu et efficace est aussi un rempart contre l’insécurité. À Anyama, le calme a désamorcé la violence. Et cette nuit rappelle une vérité souvent oubliée : investir dans la santé, c’est aussi protéger les familles, prévenir les drames et renforcer la sécurité de tous.

Texte et récit : Marie-Paule N’GUESSAN