Santé / Novembre bleu : pourquoi les hommes hésitent-ils à se faire dépister malgré la gratuité ?
Santé / Novembre bleu : pourquoi les hommes hésitent-ils à se faire dépister malgré la gratuité ?
Un documentaire de Agence Presse Audio
La peur du diagnostic, les idées reçues et la gêne entourant les examens médicaux continuent de freiner la prévention du cancer de la prostate.
Un documentaire de
Agence Presse Audio
Mise en ligne
03 Novembre 2026
Réalisation
Agence Presse Audio
Mise en onde & mix
Agence Presse Audio
Illustration
Agence Presse Radio
Production
Agence Presse Audio
La peur du diagnostic, les idées reçues et la gêne entourant les examens médicaux continuent de freiner la prévention du cancer de la prostate. Alors que Novembre bleu remet la santé masculine au cœur des préoccupations, une question demeure : pourquoi certains hommes attendent-ils les premiers symptômes pour consulter, même lorsque le dépistage est proposé gratuitement ?
Chaque année, le mois de novembre est consacré à la sensibilisation aux cancers masculins, notamment celui de la prostate. Cette maladie, qui touche principalement les hommes à partir d'un certain âge, peut évoluer silencieusement pendant plusieurs années. L'absence de douleur ou de troubles urinaires ne signifie donc pas nécessairement l'absence de maladie.
Au-delà des difficultés financières, les obstacles au dépistage sont aussi psychologiques et socioculturels. La crainte de découvrir un cancer, la méconnaissance des examens et les inquiétudes liées à la virilité ou à la sexualité peuvent dissuader certains hommes de consulter. Le manque d'information sur les possibilités de prise en charge contribue également à retarder les démarches médicales.
En Côte d'Ivoire, les autorités sanitaires tentent de lever ces barrières. Lors du lancement officiel de Novembre bleu, le 30 octobre 2026 à Agboville, le ministère de la Santé a rappelé que le cancer de la prostate constitue le premier cancer chez les hommes de plus de 50 ans dans le pays. Pour encourager la prévention, le dépistage des cancers du sein et de la prostate est proposé gratuitement durant les mois d'octobre et de novembre dans les Centres hospitaliers universitaires (CHU), les Centres hospitaliers régionaux (CHR) et 50 districts sanitaires.
Mais la gratuité ne suffit pas toujours à dissiper les inquiétudes. Les spécialistes insistent sur l'importance d'une information claire, notamment concernant le dosage sanguin du PSA, utilisé pour rechercher d'éventuelles anomalies de la prostate. Un taux élevé ne signifie pas automatiquement la présence d'un cancer et peut nécessiter des examens complémentaires. Le dépistage doit ainsi faire l'objet d'une décision éclairée avec un professionnel de santé, en tenant compte de l'âge, des antécédents familiaux et des facteurs de risque.
Les recommandations médicales accordent une attention particulière aux hommes ayant des antécédents familiaux de cancer de la prostate et à ceux d'ascendance africaine, qui présentent un risque accru. Pour ces populations, une discussion sur le dépistage peut être envisagée plus tôt, notamment à partir de 45 ans, selon les recommandations et la situation individuelle.
Au-delà de la campagne de novembre, l'enjeu reste donc de faire évoluer les habitudes de consultation. Informer sans culpabiliser, combattre les préjugés et faciliter l'accès à un avis médical pourraient aider davantage d'hommes à prendre des décisions éclairées concernant leur santé. Car si Novembre bleu attire l'attention pendant un mois, la prévention et le suivi médical concernent toute l'année.
Texte : La Plume de la Bagoué



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