Somalie : Vers le suffrage universel, une transition historique sous haute tension.
Somalie : Vers le suffrage universel, une transition historique sous haute tension.
Un documentaire de Agence Presse Audio
Mogadiscio a franchi une étape majeure mercredi 04 Mars 2026 en adoptant une nouvelle Constitution qui instaure l’élection des députés au suffrage universel direct.
Un documentaire de
Agence Presse Audio
Mise en ligne
05 Mars 2026
Réalisation
Agence Presse Audio
Mise en onde & mix
Agence Presse Audio
Illustration
Agence Presse Audio
Production
Agence Presse Audio
Mogadiscio a franchi une étape majeure mercredi 04 Mars 2026 en adoptant une nouvelle Constitution qui instaure l’élection des députés au suffrage universel direct. Si le gouvernement salue une « victoire historique », ce basculement démocratique cristallise les fractures d’un pays encore marqué par les divisions claniques et la menace terroriste.
C’est une petite révolution institutionnelle : la Somalie enterre son système électoral indirect. Jusqu’ici, la vie politique reposait sur un mécanisme complexe où des chefs de clans nommaient des délégués, lesquels choisissaient ensuite les parlementaires.
Pour le Premier ministre Hamza Abdi Barre, ce nouveau texte redonne la parole au peuple. Toutefois, le passage à la pratique s’annonce périlleux. Bien que le président Hassan Sheikh Mohamud ait initialement promis un scrutin pour juin, les amendements adoptés mercredi prolongent son propre mandat d’un an, repoussant de facto l’échéance électorale à 2027.
L’ambition démocratique de Mogadiscio se heurte à une réalité de terrain brutale : Le groupe affilié à Al-Qaïda contrôle toujours de vastes zones rurales et encercle partiellement la capitale, menaçant la tenue physique d’un vote national.
Les dirigeants du Jubaland et du Puntland dénoncent une dérive centralisatrice. Leurs représentants ont boycotté le vote, illustrant une rupture profonde entre le pouvoir central et les périphéries. Le cas du Somaliland : En marge de ce processus, le Somaliland poursuit sa trajectoire d’indépendance totale. Fort de sa reconnaissance par Israël en décembre 2025, il gère ses affaires souverainement depuis 1991, loin des réformes de Mogadiscio.
Les observateurs s’interrogent sur la sincérité de cette transition. Le report technique des élections et l’extension du mandat présidentiel font craindre à l’opposition, une instrumentalisation de la réforme constitutionnelle pour maintenir le pouvoir en place. Le défi est désormais double pour Hassan Sheikh Mohamud : convaincre les États frondeurs de réintégrer le giron fédéral et sécuriser un territoire où le bulletin de vote doit encore gagner sa place face aux armes.
Texte et récit : Silvère Bossiei



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