TECHNOLOGIE / L’internet de demain inquiète Moscou : Poutine redoute l’espionnage par IA.
TECHNOLOGIE / L’internet de demain inquiète Moscou : Poutine redoute l’espionnage par IA.
Un documentaire de Agence Presse Audio
Et si les outils censés protéger devenaient les plus grands dangers ? En Russie, la paranoïa technologique franchit un nouveau cap. Selon un billet du média ‘’Financial Times’’ publié le 7 juin 2026, les services de sécurité de Vladimir Poutine ont temporairement désactivé certaines caméras de surveillance destinées à sa protection rapprochée.
Un documentaire de
Agence Presse Audio
Mise en ligne
18 Juin 2026
Réalisation
Agence Presse Audio
Mise en onde & mix
Agence Presse Audio
Illustration
Agence Presse Radio
Production
Agence Presse Audio
Et si les outils censés protéger devenaient les plus grands dangers ? En Russie, la paranoïa technologique franchit un nouveau cap. Selon un billet du média ‘’Financial Times’’ publié le 7 juin 2026, les services de sécurité de Vladimir Poutine ont temporairement désactivé certaines caméras de surveillance destinées à sa protection rapprochée.
En cause : la crainte qu’elles puissent être exploitées à des fins d’espionnage via l’intelligence artificielle. Cette décision radicale intervient après l’assassinat du guide suprême iranien Ali Khamenei, le 28 février. Une opération attribuée aux États-Unis et à Israël, qui aurait reposé sur une exploitation massive de données visuelles. D’après plusieurs sources, des caméras de circulation iraniennes auraient été piratées pour suivre les déplacements du dirigeant et de son entourage, révélant ainsi une vulnérabilité critique dans les systèmes de surveillance modernes.
Face à ce précédent glaçant, Moscou a préféré couper temporairement son propre dispositif, distinct des 300 000 caméras qui quadrillent la capitale. Le système n’a été réactivé qu’après une inspection approfondie visant à le rendre totalement hermétique à Internet. Pour Ksenia Ermoshina, chercheuse au Centre Internet et société du CNRS, cet épisode illustre une mutation majeure : « L’intelligence artificielle permet aujourd’hui d’analyser des millions d’heures de vidéos et d’en extraire des schémas à une échelle industrielle ». Autrement dit, chaque caméra connectée devient une potentielle faille.
Cette inquiétude n’est pas nouvelle chez Vladimir Poutine. Depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022, le Kremlin multiplie les coupures d’Internet lors d’événements sensibles, sans toujours fournir d’explication. Forums économiques, célébrations nationales ou opérations militaires : le réseau peut être suspendu pendant plusieurs jours, voire semaines. Pourtant, la Russie a massivement investi dans ces technologies. Depuis 2015, le pays développe un réseau de caméras « intelligentes », notamment via la société ‘’NtechLab’’, liée au conglomérat public ‘’Rostec’’. En 2023, plus de 508 000 caméras équipées d’IA étaient déployées, dont 216 000 à Moscou.
Mais ce virage technologique se retourne aujourd’hui contre ses concepteurs. Car à l’ère de l’hyper-surveillance, contrôler les données devient aussi crucial que les collecter. Et dans ce jeu d’ombres numériques, la frontière entre protection et exposition n’a jamais été aussi mince. À force de vouloir tout voir, le pouvoir russe découvre une vérité dérangeante : dans un monde piloté par l’IA, même les yeux du système peuvent devenir ses pires ennemis.
Texte et récit : Marie-Paule N'GUESSAN



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