TECHNOLOGIE / "Yeux numériques" au Nigeria : 5 000 caméras intelligentes pour traquer l’insécurité dans l’État du Plateau.

TECHNOLOGIE / "Yeux numériques" au Nigeria : 5 000 caméras intelligentes pour traquer l’insécurité dans l’État du Plateau.

TECHNOLOGIE / "Yeux numériques" au Nigeria : 5 000 caméras intelligentes pour traquer l’insécurité dans l’État du Plateau.

Un documentaire de Agence Presse Audio


Face à une insécurité persistante qui fragilise sa stabilité, le Nigeria passe à l’offensive technologique. Le président Bola Ahmed Tinubu a ordonné le jeudi 2 avril 2026, le déploiement immédiat de plus de 5 000 caméras de surveillance dotées d’intelligence artificielle dans l’État du Plateau, au centre du pays.

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08 Avril 2026


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Face à une insécurité persistante qui fragilise sa stabilité, le Nigeria passe à l’offensive technologique. Le président Bola Ahmed Tinubu a ordonné le jeudi 2 avril 2026, le déploiement immédiat de plus de 5 000 caméras de surveillance dotées d’intelligence artificielle dans l’État du Plateau, au centre du pays. Cette décision intervient après l’attaque sanglante du 29 mars à Angwan Rukuba, dans la région de Jos Nord, qui a coûté la vie à plusieurs dizaines de civils. En visite dans la capitale régionale, Jos, le chef de l’État a promis une réponse ferme, affirmant que de tels drames ne devaient plus se reproduire.

Concrètement, ce vaste dispositif reposera sur des systèmes de vidéosurveillance intelligents capables d’analyser en temps réel d’importants volumes de données. Supervisé par le ministre des Communications et de l’Économie numérique, Bosun Tijjani, le projet débutera dans la ville de Jos avant d’être étendu à l’ensemble de l’État. L’ambition est claire : anticiper plutôt que subir. Grâce à l’intelligence artificielle, les autorités espèrent identifier des schémas criminels, cartographier les zones à haut risque et prévenir notamment les enlèvements contre rançon, devenus monnaie courante dans certaines régions du pays. Des “cartes de chaleur” pourraient ainsi guider les forces de sécurité vers les zones les plus sensibles.

Pour les experts en Technologies de l'Information et de la Communication (TIC), à l’image de Nguuma Tyokaha, ces technologies représentent un tournant stratégique. Bien qu’elles ne remplacent pas l’humain, elles permettent d’optimiser la prise de décision et d’accroître l’efficacité des opérations sécuritaires. Mais derrière cette ambition technologique, plusieurs zones d’ombre persistent. Aucun détail technique n’a été communiqué, et des interrogations demeurent quant à la capacité des infrastructures locales à supporter un tel système, à la disponibilité de données fiables, ou encore à la formation des compétences nécessaires.

Déjà expérimentée dans des États comme Lagos et Enugu, cette approche marque une accélération de la transformation numérique du Nigeria, où la technologie devient un levier clé pour répondre aux défis sécuritaires. Reste à savoir si ces “yeux numériques” suffiront à inverser durablement la courbe de l’insécurité. Car au-delà des algorithmes, c’est toute une stratégie globale, humaine, sociale et politique, qui devra suivre pour espérer ramener la confiance dans les zones meurtries.

Texte et récit : Marie-Paule N'GUESSAN