Actualité africaine / Mali et Soudan : drones, offensives et lourdes pertes civiles dans deux conflits qui s’enlisent.

Actualité africaine / Mali et Soudan : drones, offensives et lourdes pertes civiles dans deux conflits qui s’enlisent.

Au Mali, la spirale des violences se poursuit. Les rebelles du Front de libération de l’Azawad ont affirmé avoir mené, mercredi 18 février 2026, une attaque de drones contre un convoi de l’armée malienne entre Anefis et Aguelhoc, dans la région de Kidal, assurant avoir infligé de lourdes pertes humaines et matérielles.


Au Mali, la spirale des violences se poursuit. Les rebelles du Front de libération de l’Azawad ont affirmé avoir mené, mercredi 18 février 2026, une attaque de drones contre un convoi de l’armée malienne entre Anefis et Aguelhoc, dans la région de Kidal, assurant avoir infligé de lourdes pertes humaines et matérielles. Le convoi rassemblait des soldats maliens, leurs partenaires russes de l’Africa Corps et des combattants du Gatia, fondé par le général malien El Hadj Ag Gamou, aujourd’hui gouverneur de Kidal.

Selon Radio France Internationale, les affrontements auraient fait entre six et dix morts dans les rangs de l’armée et détruit trois à quatre véhicules. Les autorités n’ont publié aucun bilan officiel. Le même jour, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans a également revendiqué une attaque contre ce convoi, affirmant avoir déclenché un engin explosif improvisé à son passage. Cette double revendication illustre la complexité du conflit dans le nord du Mali, où plusieurs groupes armés opèrent simultanément, parfois contre les mêmes cibles. 

L’opération aurait aussi coûté la vie à deux membres du Front de libération de l’Azawad, dont Alyazid Ag Matafa, frère de Fahad Ag Almahmoud, et Mohamed Ag Alghabass, fils d’Alghabass Ag Intallah. Selon des sources internes à la rébellion, ils auraient été tués accidentellement lors d’une mauvaise manipulation d’un drone kamikaze. Parallèlement, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans a annoncé la prise d’un poste militaire à Djenné le jeudi 19 février, tandis que l’armée malienne affirme avoir neutralisé une vingtaine de combattants qualifiés de terroristes lors de frappes aériennes menées mardi 17 février près de Ké-Macina, dans la région de Ségou. Ces épisodes témoignent d’une intensification des combats sur plusieurs fronts. 

Au Soudan, la situation humanitaire se dégrade tout aussi rapidement. Au moins quinze enfants ont été tués et dix autres blessés lundi 16 février dans une frappe de drone contre un camp de déplacés à Al Sunut, dans l’État du Kordofan-Ouest, selon un communiqué publié mercredi soir par le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF). Le site accueillait des familles ayant fui les combats. Le Kordofan est devenu l’un des principaux foyers de la guerre qui ravage le pays. La directrice exécutive de l’UNICEF, Catherine Russell, alerte sur une situation qui rappelle le Darfour, avec des enfants tués ou mutilés, contraints à l’exil et privés de services essentiels. Les Nations unies redoutent une aggravation rapide d’une crise humanitaire déjà profonde après des mois de violences.

Texte : La plume de la Bagoué