Actualité internationale : De la prison algérienne à l’Académie française, la consécration de Boualem Sansal.
Actualité internationale : De la prison algérienne à l’Académie française, la consécration de Boualem Sansal.
Un documentaire de Agence Presse Audio
L’écrivain franco-algérien Boualem Sansal a été élu jeudi 29 janvier 2026 à l’Académie française, au terme d’un scrutin organisé à huis clos sous la coupole de l’Institut de France à Paris.
Un documentaire de
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30 Janvier 2026
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Production
Agence Presse Audio
L’écrivain franco-algérien Boualem Sansal a été élu jeudi 29 janvier 2026 à l’Académie française, au terme d’un scrutin organisé à huis clos sous la coupole de l’Institut de France à Paris. Âgé de 81 ans, il succède à l’historien Jean-Denis Bredin, disparu en 2021, et s’est largement imposé face à six autres candidats en recueillant 25 voix et un bulletin blanc, après un premier vote resté sans issue en décembre 2025.
Sa candidature, officiellement déclarée le 8 janvier, lui permet de rejoindre une assemblée de 35 membres, alors que cinq fauteuils demeurent encore vacants, aux côtés de figures majeures des lettres françaises telles qu’Amin Maalouf, Jean-Christophe Rufin, Sylviane Agacinski, Chantal Thomas ou Erik Orsenna. Cette élection intervient dans un contexte personnel et politique particulièrement sensible. Ancien haut fonctionnaire algérien reconverti dans l’écriture après une carrière dans l’administration, Boualem Sansal avait été arrêté le 16 novembre 2024 à son arrivée à Alger en provenance de Paris, puis incarcéré.
Son emprisonnement avait provoqué une vive émotion en France et donné lieu à de nombreuses prises de position du monde intellectuel et politique en sa faveur. Athée revendiqué, critique constant du régime algérien comme de l’islamisme radical, il avait été condamné à cinq ans de prison pour atteinte à l’unité nationale à la suite de propos tenus en octobre 2024 dans le média français d’extrême droite « Frontières », une condamnation dénoncée par ses soutiens comme une atteinte à la liberté d’expression.
Gracié par le président algérien Abdelmadjid Tebboune, il a recouvré la liberté en novembre 2025. Quelques semaines plus tard, l’Académie française lui décernait le prix mondial Cino del Duca, saluant une œuvre marquée par la lucidité, l’ironie et la critique des dérives autoritaires. L’écrivain confiait alors redécouvrir les plaisirs ordinaires de la vie quotidienne après l’épreuve de l’enfermement, tout en restant profondément marqué par cette expérience. Auteur d’une trentaine d’ouvrages publiés depuis 1999, Boualem Sansal s’est imposé comme l’une des voix les plus singulières de la littérature francophone contemporaine.
Son roman 2084, La fin du monde, récompensé en 2015 par le Grand Prix du roman de l’Académie française, lui a valu une reconnaissance internationale, tout comme Rue Darwin, Le Village de l’Allemand ou Vivre, des livres qui interrogent la mémoire, l’identité et les fractures politiques et religieuses du monde contemporain.
Fondée en 1635 par le cardinal de Richelieu, l’Académie française a pour mission de veiller sur la langue française et de contribuer à son rayonnement. L’entrée de Boualem Sansal parmi les immortels, quelques mois seulement après sa libération, apparaît à la fois comme une consécration littéraire et comme un symbole puissant, celui d’un écrivain passé de la prison à l’une des plus hautes distinctions intellectuelles françaises.
Texte : La plume de la Bagoué
Récit : Marie-Paule N’GUESSAN



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