Burkina Faso : Vers la fin du multipartisme ? Le gouvernement dissout tous les partis politiques.

Burkina Faso : Vers la fin du multipartisme ? Le gouvernement dissout tous les partis politiques.

Burkina Faso : Vers la fin du multipartisme ? Le gouvernement dissout tous les partis politiques.

Un documentaire de Agence Presse Audio


Le paysage politique burkinabè vient de subir un séisme sans précédent. Par un décret acté le jeudi 29 janvier 2026 en Conseil des ministres, les autorités de transition ont annoncé la dissolution immédiate de l’ensemble des formations politiques du pays, ainsi que l’abrogation du cadre juridique régissant leurs activités.

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30 Janvier 2026


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Le paysage politique burkinabè vient de subir un séisme sans précédent. Par un décret acté le jeudi 29 janvier 2026 en Conseil des ministres, les autorités de transition ont annoncé la dissolution immédiate de l’ensemble des formations politiques du pays, ainsi que l’abrogation du cadre juridique régissant leurs activités.

Une volonté de « reconstruire l’État »

Le ministre de l’Intérieur, Émile Zerbo, a justifié cette mesure radicale par une volonté de « refondation nationale ». Selon les conclusions d’une étude gouvernementale, le système multipartite, fort de plus de 100 organisations enregistrées, serait devenu un vecteur de « divisions » et de « dysfonctionnements généralisés ».

La sécurité comme impératif absolu

Depuis le coup d’État de septembre 2022, le second en moins d’un an, le capitaine Ibrahim Traoré place la lutte contre les groupes djihadistes affiliés à Al-Qaïda et à l’État islamique au cœur de son action. Pour Ouagadougou, l’urgence sécuritaire ne s’accommode plus du jeu partisan : Report sine die des scrutins : Initialement prévues pour juillet 2024, les élections ont été repoussées à plusieurs reprises. Régime d’exception : Le gouvernement invoque l’instabilité chronique pour légitimer une concentration des pouvoirs nécessaire, selon lui, à la reconquête du territoire.

La fin d’une ère démocratique

Cette décision marque une rupture brutale avec l’ordre ancien. Lors des dernières élections générales de 2020, 15 partis siégeaient encore à l’Assemblée nationale. En balayant ce vestige de la démocratie parlementaire, le Burkina Faso s’engage dans une voie de transition singulière au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES), privilégiant la verticalité du pouvoir militaire à la pluralité des voix civiles. Reste à savoir comment la société civile et la communauté internationale réagiront à ce basculement total, qui efface, d’un trait de plume, des décennies de vie politique structurée.

Texte et récit : Silvere Bossiei