CULTURE / Djidji Ayôkwè : Les chefs Atchan brisent le silence et recadrent la polémique.
CULTURE / Djidji Ayôkwè : Les chefs Atchan brisent le silence et recadrent la polémique.
Un documentaire de Agence Presse Audio
La polémique enflammée autour du Djidji Ayôkwè, le tambour parleur sacré du peuple Atchan, a pris une nouvelle tournure. Face aux débats virulents sur les réseaux sociaux après la restitution de cet instrument emblématique par la France à la Côte d’Ivoire, les autorités traditionnelles Atchan ont décidé de sortir de leur réserve pour clarifier les faits et rétablir la vérité.
Un documentaire de
Agence Presse Audio
Mise en ligne
24 Février 2026
Réalisation
Agence Presse Audio
Mise en onde & mix
Agence Presse Audio
Illustration
Agence Presse Audio
Production
Agence Presse Radio
La polémique enflammée autour du Djidji Ayôkwè, le tambour parleur sacré du peuple Atchan, a pris une nouvelle tournure. Face aux débats virulents sur les réseaux sociaux après la restitution de cet instrument emblématique par la France à la Côte d’Ivoire, les autorités traditionnelles Atchan ont décidé de sortir de leur réserve pour clarifier les faits et rétablir la vérité. Au cœur de la controverse, une image largement relayée montrant un jeune colon assis sur le tambour, présentée par certains comme une preuve historique. Une interprétation que rejettent catégoriquement les chefs coutumiers. « On ne peut pas avoir de manifestation devant une copie, la manifestation se fait devant l’original », ont-ils martelé, balayant toute confusion autour de l’authenticité de la photographie.
Selon Nanan Gouedan Anouman Louis Jacques, notable de Lokodjro et protocole des chefs Bidjan, cette image n’a aucune valeur patrimoniale. « Si le véritable Djidji Ayôkwè avait été dans son sanctuaire, jamais un colon n’aurait osé monter dessus », a-t-il insisté, rappelant le caractère hautement sacré de cet instrument, autrefois utilisé comme outil de communication et de mobilisation par le peuple Tchaman. Les chefs ont également levé un coin de voile sur un élément resté volontairement discret : l’histoire de la queue brisée du tambour. Ce fragment, déplacé du sanctuaire d’Adjamé vers Bingerville, constitue une pièce symbolique de la mémoire collective Atchan. Une affaire sensible que la communauté a toujours choisi de traiter en interne, loin des débats publics et des interprétations approximatives.
Autre précision majeure : le tambour original a bien quitté Adjamé pour Bingerville, et la photo aujourd’hui brandie dans la polémique ne représente pas l’héritage authentique du Djidji Ayôkwè. Les chefs soulignent d’ailleurs que des étudiants Atchans, présents depuis 1972, ont déjà procédé à l’authentification du tambour, confirmant sa légitimité historique. Au-delà des polémiques, les autorités traditionnelles ont tenu à saluer l’implication des plus hautes instances de l’État dans le processus de restitution.
Le président Alassane Ouattara se serait personnellement investi dans ce dossier symbolique, aux côtés du gouverneur du District autonome d’Abidjan, Robert Beugré Mambé, figure de la communauté Tchaman, et de la ministre de la Culture et de la Francophonie, Françoise Remarck, originaire d’Adjamé village. Dans un ton ferme mais apaisant, les chefs Atchan appellent désormais à mettre fin aux querelles stériles qui, selon eux, dénaturent la portée spirituelle et historique du Djidji Ayôkwè. Car au-delà des débats numériques et des images virales, c’est toute une mémoire ancestrale qui est en jeu.
Pour la communauté Atchan, le Djidji Ayôkwè n’est ni un objet de polémique ni un simple artefact médiatique, mais un symbole vivant d’identité, de dignité et de souveraineté culturelle. Et sur ce terrain, préviennent les chefs, seule la vérité sacrée du patrimoine doit battre le rythme… pas le bruit des réseaux sociaux.
Texte et récit : Marie-Paule N'GUESSAN



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