CULTURE / Nadia Ghulam : la jeune Afghane qui a vécu dix ans sous l’identité d’un homme pour survivre aux Taliban.
CULTURE / Nadia Ghulam : la jeune Afghane qui a vécu dix ans sous l’identité d’un homme pour survivre aux Taliban.
Un documentaire de Agence Presse Audio
Son histoire ressemble à un scénario de film, mais elle est bien réelle. Nadia Ghulam, née le 4 juin 1985 à Kaboul en Afghanistan, a dû abandonner son identité de jeune fille pour devenir « Zelmaï », le prénom de son frère disparu, afin de sauver sa famille de la faim et de la misère sous le régime des Talibans.
Un documentaire de
Agence Presse Audio
Mise en ligne
30 Juillet 2026
Réalisation
Agence Presse Audio
Mise en onde & mix
Agence Presse Audio
Illustration
Agence Presse Radio
Production
Agence Presse Audio
Son histoire ressemble à un scénario de film, mais elle est bien réelle. Nadia Ghulam, née le 4 juin 1985 à Kaboul en Afghanistan, a dû abandonner son identité de jeune fille pour devenir « Zelmaï », le prénom de son frère disparu, afin de sauver sa famille de la faim et de la misère sous le régime des Talibans. Tout commence en 1993, alors qu’elle n’a que 8 ans.
Une roquette détruit une partie de la maison familiale à Kaboul. Grièvement blessée, Nadia est défigurée et passe près de deux années dans différents hôpitaux pour tenter de se reconstruire. Quelques années plus tard, l’arrivée des Talibans au pouvoir bouleverse encore son existence. Les femmes sont privées du droit de travailler et de circuler librement. Son père est malade, son frère est décédé et la famille n’a plus de revenus.
Avec l’aide de sa mère, Nadia prend alors une décision incroyable : couper ses cheveux, porter des vêtements d’homme et cacher son identité pendant près de dix ans. Sous le nom de Zelmaï, elle travaille dans les champs, répare des vélos, aide dans une mosquée et exerce plusieurs petits métiers pour nourrir les siens. Chaque jour est un combat. La moindre erreur peut révéler son secret et mettre sa vie en danger. Mais cette identité masculine lui offre aussi une liberté interdite aux femmes afghanes : sortir seule, travailler et apprendre.
En 2006, Nadia quitte finalement l’Afghanistan pour l’Espagne, où elle bénéficie de plusieurs opérations de chirurgie reconstructrice. Installée à Barcelone, elle devient écrivaine, conférencière et militante pour les droits des femmes. Son livre « Le secret de mon turban », écrit avec Agnès Rotger et publié en 2010, remporte le Prix Prudenci Bertrana.
Elle crée également l’association « Ponts per la pau », qui œuvre pour l’éducation des enfants et l’aide aux migrants. Aujourd’hui, Nadia Ghulam raconte son parcours pour transmettre un message universel : celui d’une femme qui, malgré la guerre, les blessures et les interdits, a choisi de se battre pour vivre libre. Une phrase résume son incroyable destin : « Je n’ai pas peur de la mort, j’ai peur de perdre ma liberté. »
Texte et récit : Marie-Paule N'GUESSAN



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