CULTURE / Namibie : 60 ans après les premiers coups de feu, une mémoire qui saigne encore.

CULTURE / Namibie : 60 ans après les premiers coups de feu, une mémoire qui saigne encore.

CULTURE / Namibie : 60 ans après les premiers coups de feu, une mémoire qui saigne encore.

Un documentaire de Agence Presse Audio


Le 26 août 2026, la Namibie a célébré son « Jour des héros », jour férié qui commémore le déclenchement de sa guerre d'indépendance. Six décennies se sont écoulées depuis 1966, quand la Swapo, un parti politique et ancien mouvement indépendantiste namibien, a pris les armes contre l'apartheid sud-africain, qui occupait alors ce territoire ancienne colonie allemande.

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27 Août 2026


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Agence Presse Radio


Production

Agence Presse Radio

Le 26 août 2026, la Namibie a célébré son « Jour des héros », jour férié qui commémore le déclenchement de sa guerre d'indépendance. Six décennies se sont écoulées depuis 1966, quand la Swapo, un parti politique et ancien mouvement indépendantiste namibien, a pris les armes contre l'apartheid sud-africain, qui occupait alors ce territoire ancienne colonie allemande.

L'expert namibien des relations internationales et des politiques publiques Marius Kudumo rappelle que les pétitions pacifiques étant restées lettre morte, le mouvement de libération a fini par basculer vers la lutte armée. Il souligne aussi combien ce conflit s'est retrouvé pris dans les filets de la Guerre froide : soutenue par Moscou, la Swapo était taxée de communisme, tandis que Pretoria bénéficiait d'une certaine tolérance internationale, y compris sous l'administration Reagan, au nom de la lutte anticommuniste, au prix, selon Kudumo, du droit des Namibiens à disposer d'eux-mêmes.

L'indépendance, arrachée en 1990, n'a pas refermé toutes les plaies. Cette année encore, deux combattants seront réinhumés en terre namibienne. Mais les silences, eux, commencent à se fissurer. Côté sud-africain, la documentariste Minette van der Walt a découvert après coup l'histoire de son père, jeune conscrit envoyé au front, dont elle ignorait presque tout jusqu'à la lecture d'un texte confié par sa grand-mère. Elle en a tiré un film au titre éloquent : ''Unspoken War''.

Côté namibien, le chercheur Henning Melber, lui, a rendu sa carte du parti en 2025, à la mort du combattant Solomon Hawala, érigé en héros officiel mais accusé de crimes par plusieurs survivants. Pour Melber, sans reconnaissance officielle des zones d'ombre, l'histoire risque simplement de se répéter.

Texte et récit : Marie-Paule N'GUESSAN