CULTURE / Restitution du tambour parleur : le Djidji Ayokwé retrouve enfin la lagune Ébrié.
CULTURE / Restitution du tambour parleur : le Djidji Ayokwé retrouve enfin la lagune Ébrié.
Un documentaire de Agence Presse Audio
Plus d’un siècle après avoir été emporté par l’administration coloniale française, le Djidji Ayokwé, célèbre tambour parleur du peuple ébrié, retrouve enfin la Côte d’Ivoire. L’objet patrimonial arrive ce vendredi 13 mars 2026 à Abidjan, marquant l’aboutissement d’un long processus diplomatique et culturel engagé entre Paris et Abidjan.
Un documentaire de
Agence Presse Audio
Mise en ligne
13 Mars 2026
Réalisation
Agence Presse Audio
Mise en onde & mix
Agence Presse Audio
Illustration
Agence Presse Audio
Production
Agence Presse Audio
Plus d’un siècle après avoir été emporté par l’administration coloniale française, le Djidji Ayokwé, célèbre tambour parleur du peuple ébrié, retrouve enfin la Côte d’Ivoire. L’objet patrimonial arrive ce vendredi 13 mars 2026 à Abidjan, marquant l’aboutissement d’un long processus diplomatique et culturel engagé entre Paris et Abidjan. Arraché à son territoire en 1916 par l’administration coloniale, ce tambour chargé d’histoire avait été conservé pendant des décennies au musée du Quai Branly à Paris.
Sa restitution a été officiellement actée le 20 février 2026 lors d’une cérémonie à Paris, scellant une décision attendue depuis plusieurs années par les autorités ivoiriennes et les communautés concernées. La Côte d’Ivoire avait en effet formulé sa demande officielle de restitution en 2019, dans le cadre d’un inventaire comprenant 148 biens culturels ivoiriens conservés en France. Le Djidji Ayokwé devient ainsi le premier objet de cette liste à rentrer au pays, ouvrant potentiellement la voie au retour d’autres trésors patrimoniaux.
Instrument emblématique de communication traditionnelle, le Djidji Ayokwé servait autrefois à transmettre des messages rituels ou communautaires entre villages. Son rôle dépassait cependant le simple cadre culturel : il pouvait également alerter les populations lors des opérations de recrutement forcé imposées par l’administration coloniale. Pour les peuples Bidjan, ce tambour est bien plus qu’un objet. « Pour nous, c’est beaucoup plus qu’un instrument. Il porte toute la mémoire d’un peuple », souligne Paulin Claude Danho, vice-gouverneur du district d’Abidjan.
Impressionnant par ses dimensions, le Djidji Ayokwé mesure plus de quatre mètres de long pour près de 430 kilogrammes. Sculpté dans un tronc massif et orné de symboles liés à la puissance du léopard, il constituait autrefois un véritable moyen de communication à distance, capable de transmettre des messages codés au rythme de ses battements. Le processus de restitution a connu une étape décisive en 2021, lorsque le président français Emmanuel Macron s’est engagé à restituer l’œuvre à la Côte d’Ivoire. Après plusieurs débats parlementaires, une loi adoptée en France en 2025 a permis de déroger au principe d’inaliénabilité des collections publiques afin de rendre possible ce retour historique.
Avant son départ, le tambour a également fait l’objet d’une restauration complète par les équipes du musée du Quai Branly, afin de garantir sa conservation. À Abidjan, le retour du Djidji Ayokwé devrait être marqué par de grandes cérémonies traditionnelles sous l’égide des chefs coutumiers ébrié, qui voient dans cette restitution une réparation symbolique et un geste fort pour la mémoire collective. Après 110 ans d’exil, le tambour parleur s’apprête donc à résonner à nouveau sur les rives de la lagune ébrié. Et cette fois, son message ne sera pas un signal d’alerte, mais celui d’une mémoire retrouvée et d’une histoire qui rentre enfin à la maison.
Texte et récit : Marie-Paule N'GUESSAN



0 Commentaire(s)