DIPLOMATIE / Golfe persique : À Abidjan, l’ambassadeur iranien charge Washington et invoque la légitime défense.
DIPLOMATIE / Golfe persique : À Abidjan, l’ambassadeur iranien charge Washington et invoque la légitime défense.
Un documentaire de Agence Presse Audio
Au quatrième jour de l’escalade militaire dans le Golfe persique, l’ambassadeur de la République islamique d’Iran en Côte d’Ivoire est sorti de sa réserve.
Un documentaire de
Agence Presse Audio
Mise en ligne
04 Mars 2026
Réalisation
Agence Presse Audio
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Production
Agence Presse Audio
Au quatrième jour de l’escalade militaire dans le Golfe persique, l’ambassadeur de la République islamique d’Iran en Côte d’Ivoire est sorti de sa réserve. Face à la presse, le mardi 3 mars 2026 à Cocody, Mirmohammad Meigoni a livré sans détour la lecture officielle de Téhéran : les frappes iraniennes relèvent d’un « droit légitime à la défense » après une « agression flagrante » attribuée aux États-Unis et à Israël.
Celui qui a présenté ses lettres de créance au président Alassane Ouattara le 11 février dernier n’a pas mâché ses mots. « Nous étions en négociations, ils nous ont attaqués », a-t-il lancé, dénonçant ce qu’il qualifie de « terrorisme d’État ». Selon lui, le 26 février, Téhéran et Washington tenaient à Genève un troisième cycle de discussions sur le nucléaire iranien, avec des réunions techniques prévues à Vienne. C’est dans ce contexte diplomatique que seraient intervenues les frappes visant notamment le Guide suprême, Ali Khamenei.
Pour le diplomate, l’attaque du 28 février constitue une violation directe de l’article 2.4 de la Charte des Nations Unies. En riposte, l’Iran invoque l’article 51, relatif au droit inhérent de légitime défense. « Tant que l’agression se poursuivra, nous exercerons ce droit », a-t-il martelé, dans une déclaration solennelle d’une heure et demie.
Revenant sur le différend nucléaire, Mirmohammad Meigoni a rappelé que l’Iran demeure membre de l’Agence internationale de l’énergie atomique et que ses installations sont placées sous contrôle. Il a surtout pointé du doigt le retrait unilatéral américain, en 2018, du Plan d'action global commun (JCPOA), signé en 2015 entre Téhéran et les grandes puissances, estimant que les engagements occidentaux n’ont « jamais été respectés ». Les sanctions américaines sont, selon lui, « cruelles et infondées ».
En conclusion, l’ambassadeur a insisté sur un argument historique : « L’Iran n’a déclenché aucune guerre depuis 300 ans ». Affirmant que le conflit actuel « n’était pas un choix iranien », il a appelé à l’unité du monde musulman face à ce qu’il considère comme des ingérences extérieures. À Abidjan, loin des missiles et des sirènes, la bataille se joue désormais sur le terrain diplomatique et médiatique. Mais une certitude demeure : dans ce bras de fer à haute intensité, chaque mot pèse aussi lourd qu’une frappe.
Texte et récit : Marie-Paule N'GUESSAN



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