Economie : La Confédération de l’AES se dote de sa propre banque pour financer son avenir.

Economie : La Confédération de l’AES se dote de sa propre banque pour financer son avenir.

Economie : La Confédération de l’AES se dote de sa propre banque pour financer son avenir.

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L’Alliance des États du Sahel (AES) a franchi une étape décisive de son intégration économique avec la création officielle de la Banque confédérale pour l’investissement et le développement (BCID-AES).

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15 Décembre 2025


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L’Alliance des États du Sahel (AES) a franchi une étape décisive de son intégration économique avec la création officielle de la Banque confédérale pour l’investissement et le développement (BCID-AES). Réunis à Bamako, les ministres de l’Économie et des Finances du Mali, du Niger et du Burkina Faso ont signé la convention constitutive et validé les statuts de la nouvelle institution, consacrant ainsi sa naissance juridique après près de sept mois de travaux techniques engagés depuis l’annonce de l’initiative, fin mai 2025.

L’information a été rendue publique le 12 décembre 2025 par le ministre burkinabè de l’Économie et des Finances, Aboubakar Nacanabo, porte-parole des ministres de l’AES, à l’issue d’une audience accordée par le président de la Confédération, le chef de l’État malien Assimi Goïta, le 11 décembre. Ce cadre solennel traduit la volonté des autorités confédérales de conférer une forte portée politique à la BCID-AES, appelée à devenir l’outil financier central du bloc sahélien. La banque aura pour mission de mobiliser des ressources souveraines et de financer des projets structurants jugés prioritaires par les États membres. À l’instar des grandes banques régionales de développement, elle interviendra dans des secteurs stratégiques tels que les infrastructures et le désenclavement, l’agriculture et la sécurité alimentaire, l’énergie et les interconnexions régionales, les services sociaux de base, ainsi que l’appui au secteur privé, en cohérence avec les priorités nationales et confédérales.

Cette initiative repose sur un diagnostic partagé. Le Mali, le Niger et le Burkina Faso présentent des économies aux structures similaires, fortement dépendantes des secteurs minier et agro-sylvo-pastoral, marquées par une faible transformation locale et des coûts de production élevés. Dans un contexte de déficit chronique d’infrastructures, de faible taux d’électrification malgré un important potentiel en énergies renouvelables, et d’indicateurs de développement humain parmi les plus bas, la BCID-AES entend soutenir une transformation structurelle durable. Sur le plan financier, les États ont acté la mise en place d’un prélèvement confédéral destiné à alimenter les ressources de la banque. Son capital est fixé à 500 milliards de francs CFA, même si les modalités de libération initiale et les conditions d’une éventuelle ouverture à des partenaires institutionnels ou à des États non membres restent à préciser, des paramètres clés pour apprécier sa capacité à financer des projets d’envergure régionale.

L’entrée dans la phase opérationnelle ouvre désormais un nouveau chantier, avec la nomination des dirigeants, l’installation du dispositif de gouvernance, l’adoption des procédures internes et la mobilisation de financements additionnels. Le recrutement du personnel figure également parmi les priorités, d’autant que les cadres ressortissants de l’AES précédemment employés à la Banque d’investissement et de développement de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ont été réaffectés dans leurs pays respectifs, constituant un vivier de compétences immédiatement mobilisable.

Avec le lancement officiel de la BCID-AES, la Confédération de l’AES affirme sa volonté de renforcer son autonomie financière et de mutualiser ses efforts face à des défis communs, de la sécurité alimentaire à l’accès à l’eau potable, en passant par le développement des infrastructures et du secteur privé. Au-delà de sa dimension bancaire, la BCID-AES s’impose déjà comme un symbole fort de la dynamique confédérale et de l’ambition des États sahéliens de bâtir ensemble les fondations de leur développement.

Texte : La plume de la Bagoué

Récit : Marie-Paule N’GUESSAN