FAITS DIVERS / Grand-Lahou : derrière une fausse offre d’emploi à 300 000 FCFA, un réseau de traite démantelé, cinq suspects arrêtés.
FAITS DIVERS / Grand-Lahou : derrière une fausse offre d’emploi à 300 000 FCFA, un réseau de traite démantelé, cinq suspects arrêtés.
Un documentaire de Agence Presse Audio
Le piège était bien ficelé. Promesse d’un emploi alléchant, voyage discret, puis enfermement et extorsion. À Grand-Lahou, dans la région des Grands-Ponts, la police a mis fin, vendredi 26 juin 2026, aux activités présumées d’un réseau de traite des personnes, au terme d’une opération menée dans le cadre de l’opération << Épervier XI >>.
Un documentaire de
Agence Presse Audio
Mise en ligne
02 Juillet 2026
Réalisation
Agence Presse Audio
Mise en onde & mix
Agence Presse Audio
Illustration
Agence Presse Radio
Production
Agence Presse Audio
Le piège était bien ficelé. Promesse d’un emploi alléchant, voyage discret, puis enfermement et extorsion. À Grand-Lahou, dans la région des Grands-Ponts, la police a mis fin, vendredi 26 juin 2026, aux activités présumées d’un réseau de traite des personnes, au terme d’une opération menée dans le cadre de l’opération << Épervier XI >>. Tout part d’un signalement inquiétant. Diomandé Drissa, 21 ans, élève d’une école coranique à Odienné, est porté disparu. Un avis de recherche est aussitôt lancé par la Brigade de recherche et d’intervention (BRI). Rapidement, les investigations orientent les forces de l’ordre vers Grand-Lahou.
Sur place, les policiers découvrent le jeune homme dans un appartement exigu de deux pièces, au quartier Gourosso. Mais il n’est pas seul. Une vingtaine de personnes de diverses nationalités s’y trouvent également, toutes soupçonnées d’être victimes d’un système bien rodé mêlant traite humaine et escroquerie. Entendu par les enquêteurs, Diomandé Drissa raconte avoir été approché sur les réseaux sociaux par une certaine Meïté Mariam, basée à Grand-Lahou. Elle lui propose un emploi de bagagiste rémunéré à 300 000 FCFA par mois. Une offre difficile à refuser pour le jeune homme, qui quitte Odienné sans prévenir sa famille.
À son arrivée, le scénario change brutalement. L’emploi promis disparaît au profit d’un système de marketing de réseau baptisé « IGNITE », présenté comme une opportunité lucrative. Mais derrière cette façade se cache un mécanisme d’exploitation. Avec la complicité de deux autres individus, Meïté Mariam aurait ensuite contacté la famille de la victime via WhatsApp, utilisant plusieurs numéros étrangers, pour exiger une rançon de 1,5 million de FCFA. Une stratégie d’intimidation qui alerte finalement les autorités.
« C’est grâce aux échanges téléphoniques que nos collègues d’Odienné ont pu localiser le réseau et nous permettre d’intervenir », explique le commissaire de police de Grand-Lahou, Ouattara Abdoul Aziz. L’intervention permet l’interpellation de cinq suspects, de nationalités diverses, ainsi que l’identification de vingt-sept victimes présumées. Lors de l’opération, les forces de l’ordre saisissent trente-trois téléphones portables, un écouteur et quatorze cahiers de cours, autant d’éléments susceptibles d’alimenter l’enquête.
Les mis en cause ont été conduits, lundi 29 juin, devant le tribunal de première instance de Dabou pour répondre de leurs actes. L’enquête, elle, se poursuit pour démanteler d’éventuelles ramifications du réseau et identifier d’autres victimes. Cette affaire rappelle une réalité inquiétante : derrière les promesses faciles sur les réseaux sociaux, se cachent parfois des pièges redoutables. À Grand-Lahou, il aura fallu la vigilance des familles et la réactivité des forces de sécurité pour briser un système qui transformait l’espoir en cauchemar.
Texte et récit : Marie-Paule N'GUESSAN



0 Commentaire(s)