Lithium : Le Zimbabwe siffle la fin de la récréation et verrouille ses exportations.

Lithium : Le Zimbabwe siffle la fin de la récréation et verrouille ses exportations.

Lithium : Le Zimbabwe siffle la fin de la récréation et verrouille ses exportations.

Un documentaire de Agence Presse Audio


Face à ce qu’il qualifie de « pillage » de ses ressources, Harare a décrété mercredi l’interdiction immédiate d’exporter tout minerai brut ou concentré de lithium. Une accélération brutale du calendrier législatif pour stopper l’hémorragie de valeur vers l’étranger.

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05 Mars 2026


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Face à ce qu’il qualifie de « pillage » de ses ressources, Harare a décrété mercredi l’interdiction immédiate d’exporter tout minerai brut ou concentré de lithium. Une accélération brutale du calendrier législatif pour stopper l’hémorragie de valeur vers l’étranger. Un virage radical contre l'exploitation « accélérée » Initialement prévue pour janvier 2027, l’interdiction de sortie du territoire pour le lithium non transformé est désormais effective « jusqu’à nouvel ordre ».

Le gouvernement zimbabwéen justifie ce coup d'accélérateur par l'attitude opportuniste de certains opérateurs miniers. Selon Nick Mangwana, secrétaire permanent à la Communication, la période de transition censée permettre l'installation d'usines de raffinage locales a produit l'effet inverse : une course contre la montre pour extraire et exporter un maximum de brut avant l'échéance. « Nous assistons à une exploitation accélérée sans volonté de valorisation locale », dénoncent les autorités, qui évoquent également la découverte de stocks massifs entreposés illicitement dans un pays voisin. 

Premier producteur africain et détenteur de réserves mondiales de premier plan, le Zimbabwe est un maillon critique de la transition énergétique mondiale. Le lithium est le composant roi des batteries de véhicules électriques. Le bilan de l'année écoulée en chiffres : 1,5 million de tonnes métriques (essentiellement vers la Chine), 571,6 millions de dollars. 

Une stratégie de la dernière chance ? Si le gouvernement espère ainsi forcer la main aux investisseurs pour construire des infrastructures de transformation sur place, les critiques fusent. Pour de nombreux observateurs, cette décision, bien que nécessaire pour la souveraineté économique, intervient dans un contexte national fragile. Certains experts estiment que le pays a déjà laissé filer des années de revenus potentiels en exportant son or blanc sans aucune valeur ajoutée. Désormais, pour les miniers, le message est clair : transformer au Zimbabwe ou ne plus exporter du tout.

Texte et récit : Silvère Bossiei