MÉDIAS / Droits TV-CAN 2025 : une fronde populaire et médiatique contre la décision de la CAF.

MÉDIAS / Droits TV-CAN 2025 : une fronde populaire et médiatique contre la décision de la CAF.

MÉDIAS / Droits TV-CAN 2025 : une fronde populaire et médiatique contre la décision de la CAF.

Un documentaire de Agence Presse Audio


À l’approche de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) prévue du 21 décembre 2025 au 18 janvier 2026 au Maroc, une controverse majeure secoue le football africain.

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17 Décembre 2025


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À l’approche de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) prévue du 21 décembre 2025 au 18 janvier 2026 au Maroc, une controverse majeure secoue le football africain. En cause : la décision de la Confédération africaine de football (CAF) de restreindre la diffusion en clair des matchs sur les chaînes nationales du continent.

Une diffusion limitée qui divise

Sur les 52 rencontres que compte la compétition, seules environ la moitié devraient être accessibles gratuitement aux téléspectateurs africains. Une orientation qui suscite une indignation croissante, tant dans l’opinion publique que dans les milieux médiatiques. Pour de nombreux Africains, cette décision est perçue comme une confiscation d’un événement populaire, financé en grande partie par les États, les sponsors et les supporters du continent. Si la CAF justifie ce choix par la nécessité de maximiser les revenus afin de soutenir le développement du football africain, cet argument peine à convaincre. Beaucoup dénoncent une commercialisation excessive d’une compétition à forte valeur identitaire.

Les influenceurs, porte-voix de la contestation

La mobilisation a pris une ampleur inédite depuis quelques jours sur les réseaux sociaux, portée par des influenceurs africains de premier plan, notamment en Afrique francophone. Leurs prises de position, largement relayées, ont transformé le débat en véritable mouvement d’opinion. L’influenceur ivoirien Apoutchou National s’indigne. De son côté, l’humoriste ivoirien Gbi de Fer fustige une logique considérée comme exclusivement mercantile : « La CAN, c’est la fierté de l’Afrique. On ne veut pas de miettes, on veut les 52 matchs en clair. » Stoni, élu meilleur influenceur de la CAN 2023, appelle à un équilibre : « Le business est légitime, mais pas au détriment des populations africaines. »

Une colère largement partagée

Au-delà des figures médiatiques, des centaines de milliers d’internautes à travers le continent expriment leur mécontentement. La RTI en Côte d’Ivoire, détentrice de droits partiels, à l’instar des chaînes nationales, se retrouve au cœur du débat. Pour beaucoup, restreindre la diffusion gratuite empêche une célébration populaire et inclusive de la CAN. Face à la pression, la CAF a engagé des discussions avec une vingtaine de télévisions nationales africaines afin d’élargir l’accès en clair. Toutefois, aucun accord définitif n’a encore été annoncé. Un débat de fond sur l’avenir de la CAN.

La controverse trouve son origine dans une communication de la CAF intervenue en novembre 2025, après une lettre de protestation adressée le 16 novembre par un collectif de chaînes nationales francophones. Depuis, la question des droits TV cristallise un malaise plus profond : à qui appartient réellement la CAN ? Pour une large partie de l’opinion africaine, la réponse est sans équivoque : la Coupe d’Afrique des Nations doit rester un bien commun, accessible à tous, au-delà des logiques commerciales.

Texte et récit : Marie-Paule N’GUESSAN