MÉDIAS / Tunisie : verdict implacable en appel, deux journalistes condamnés, la polémique enfle.
MÉDIAS / Tunisie : verdict implacable en appel, deux journalistes condamnés, la polémique enfle.
Un documentaire de Agence Presse Audio
La justice tunisienne maintient la pression. Mardi 12 mai 2026, la Cour d’appel de Tunis a confirmé la lourde condamnation de Mourad Zeghidi et Borhen Bsaies à trois ans et demi de prison pour « blanchiment d’argent » et « évasion fiscale ». Une décision qui suscite une vive indignation, tant du côté de la défense que des organisations internationales.
Un documentaire de
Agence Presse Audio
Mise en ligne
15 Mai 2026
Réalisation
Agence Presse Audio
Mise en onde & mix
Agence Presse Audio
Illustration
Agence Presse Audio
Production
Agence Presse Audio
La justice tunisienne maintient la pression. Mardi 12 mai 2026, la Cour d’appel de Tunis a confirmé la lourde condamnation de Mourad Zeghidi et Borhen Bsaies à trois ans et demi de prison pour « blanchiment d’argent » et « évasion fiscale ». Une décision qui suscite une vive indignation, tant du côté de la défense que des organisations internationales.
Emprisonnés depuis mai 2024, les deux chroniqueurs, connus pour leurs prises de position critiques à l’égard du président Kaïs Saïed, continuent de clamer leur innocence. Lors de l’audience qui a duré plus de trois heures, les juges ont longuement interrogé les accusés sur leurs revenus, leurs biens et leurs activités financières. Une démarche que leurs avocats jugent orientée et dénuée de fondement solide.
« Zéro, niente… je n’ai ni biens immobiliers, ni bijoux, ni grosses voitures », a martelé Mourad Zeghidi face à la Cour, tentant de démonter les accusations de richesse illicite. Son coaccusé, Borhen Bsaies, a lui aussi dû justifier des soupçons liés au financement d’une école privée fondée par son épouse, un point que la défense considère comme hors sujet.
Pour l’ONG Reporters sans frontières (RSF), il ne fait aucun doute : il s’agit d’un « acharnement judiciaire ». Son représentant régional, Oussama Bouagila, dénonce l’absence totale de preuves après près de deux ans d’enquête : « ni flux suspect, ni actif caché, ni élément crédible ». Selon lui, la véritable raison de ces poursuites réside dans le travail journalistique des deux hommes.
L’affaire prend une dimension encore plus sensible avec la présence de diplomates européens à l’audience, un signal clair de l’attention internationale portée à ce dossier. Malgré les appels à la relaxe, la justice tunisienne est restée inflexible. Ce verdict s’inscrit dans un climat tendu pour la liberté de la presse en Tunisie.
Quelques jours plus tôt, un autre journaliste influent, Zied el-Heni, était lui aussi condamné à une peine de prison pour ses critiques publiques. Au-delà du cas Zeghidi-Bsaies, une question persiste : où s’arrête la justice, et où commence la pression politique ? Dans une Tunisie en quête d’équilibre, ce jugement résonne comme un avertissement, ou comme le symptôme d’un malaise plus profond.
Texte et récit : Marie-Paule N'GUESSAN



0 Commentaire(s)