SANTÉ / Circuit illicite des médicaments : Neuf pharmaciens ivoiriens face au PPEF dans une affaire explosive.

SANTÉ / Circuit illicite des médicaments : Neuf pharmaciens ivoiriens face au PPEF dans une affaire explosive.

SANTÉ / Circuit illicite des médicaments : Neuf pharmaciens ivoiriens face au PPEF dans une affaire explosive.

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Le rideau judiciaire s’est levé cette semaine sur l’une des affaires de santé publique les plus sensibles de ces dernières années en Côte d’Ivoire.

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29 Janvier 2026


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Le rideau judiciaire s’est levé cette semaine sur l’une des affaires de santé publique les plus sensibles de ces dernières années en Côte d’Ivoire. Devant le Pôle pénal économique et financier (PPEF), neuf pharmaciens ivoiriens comparaissent pour des faits graves touchant au cœur même du système de distribution des médicaments. Une affaire lourde de conséquences, suivie de près par les autorités sanitaires et l’opinion publique.

Des accusations au cœur du circuit pharmaceutique

Selon des sources judiciaires concordantes, les prévenus sont poursuivis pour fourniture, stockage, distribution et vente de produits pharmaceutiques en dehors du circuit officiel, une infraction particulièrement préoccupante dans un contexte de lutte contre les médicaments de qualité inférieure ou falsifiés. À ces faits s’ajoutent des chefs d’accusation tout aussi sérieux : Blanchiment de capitaux, Faux et usage de faux portant sur des documents administratifs. Tous les mis en cause, huit hommes et une femme, comparaissent libres à ce stade de la procédure.

La NPSP-CI en première ligne

L’action judiciaire a été engagée par la Nouvelle pharmacie de la santé publique de Côte d’Ivoire (NPSP-CI), qui s’est constituée partie civile. L’affaire trouve son origine dans des faits remontant à mars 2023, période au cours de laquelle des irrégularités auraient été relevées dans la gestion et la circulation de produits pharmaceutiques. Pour la NPSP, il s’agit de défendre l’intégrité du circuit légal d’approvisionnement, pilier de la politique nationale de santé publique.

Premières auditions devant le tribunal

Lors de l’audience tenue le mercredi 28 janvier 2026, la juridiction a procédé à l’audition de témoins clés. Parmi eux, le Dr Okon Amany Landry, pharmacien au moment des faits et alors chef de service à l’hôpital Saint Jean-Baptiste de Bodo à Tiassalé. Il était notamment chargé de la gestion des stocks et du suivi des approvisionnements, un poste stratégique dans le dispositif sanitaire. Le tribunal a également entendu M. Diomandé Brahima, chef du département des affaires juridiques et du contentieux de la NPSP-CI, intervenant en qualité de représentant de la partie civile.

Un procès suspendu avant le fond

Si l’ouverture du procès était très attendue, les débats sur le fond n’ont finalement pas pu débuter. En cause : l’absence des conseils de certains prévenus. Le tribunal a donc ordonné le renvoi de l’affaire au lundi 23 février 2026. Les auditions se poursuivront à cette date, avant les réquisitions du parquet et les plaidoiries, prévues le mardi 24 février.

Une affaire emblématique aux enjeux nationaux

Au-delà des prévenus, ce dossier pose une question cruciale : qui contrôle réellement la chaîne du médicament ? Dans un pays confronté aux ravages des circuits parallèles, chaque faille devient une menace directe pour la santé des populations. Le procès s’annonce déterminant : soit il renforcera la crédibilité du système de régulation pharmaceutique, soit il révélera des failles plus profondes encore. Le rendez-vous est pris pour février. Et cette fois, la justice devra aller jusqu’au bout.

Texte et récit : Marie-Paule N’GUESSAN