SANTÉ / INFAS : VACS, le grand déballage - Abidjan muscle la riposte face à un fléau longtemps tu.

SANTÉ / INFAS : VACS, le grand déballage - Abidjan muscle la riposte face à un fléau longtemps tu.

SANTÉ / INFAS : VACS, le grand déballage - Abidjan muscle la riposte face à un fléau longtemps tu.

Un documentaire de Agence Presse Audio


À Institut national de formation des agents de santé (INFAS), le silence n’est plus une option. Du 11 au 15 mai 2026, Abidjan a accueilli une session stratégique décisive dans la lutte contre les Violences à caractère sexuel (VACS), marquant un tournant dans la prise en charge des victimes au sein de l’institution.

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19 Mai 2026


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À Institut national de formation des agents de santé (INFAS), le silence n’est plus une option. Du 11 au 15 mai 2026, Abidjan a accueilli une session stratégique décisive dans la lutte contre les Violences à caractère sexuel (VACS), marquant un tournant dans la prise en charge des victimes au sein de l’institution.

Portée par le Projet d’appui à des services de santé adaptés au genre et équitables (PASSAGE), avec l’appui de la fédération des Collège d'enseignement général et professionnel (Cégeps), du Cégep de Sainte-Jérôme et de l’Université Laval (Canada), cette formation en présentiel a réuni les points focaux et membres des comités VACS venus de toutes les antennes du pays. Objectif : passer de la parole aux actes, en opérationnalisant un dispositif concret de prévention, d’écoute et d’accompagnement.

Car derrière les murs de l’INFAS, la réalité est désormais assumée. Des enquêtes menées depuis 2025 ont révélé des cas de harcèlement, d’agressions sexuelles et même de viols, avec des impacts profonds sur les étudiants, majoritairement des femmes (70 à 80 % des effectifs). « Il y a une véritable souffrance qu’il faut prendre en charge », reconnaissent les acteurs de terrain, désormais mieux outillés.

Pour Jean Ramdé, professeur titulaire en psychoéducation à l’Université Laval, cette session s’inscrit dans une dynamique plus large autour de la santé sexuelle et reproductive, notamment à Daloa. Il insiste sur une prise en charge structurée : accueil sécurisé, écoute active, évaluation des besoins, plan d’action, suivi et orientation si nécessaire. Mais aussi sur un point souvent négligé : la santé mentale des intervenants eux-mêmes, exposés au traumatisme vicariant et à la fatigue de compassion.

Sur le terrain, les retours sont sans équivoque. À Bouaké, Koffi Cécile, coordinatrice des études et point focal VACS à l'antenne INFAS, salue une formation « enrichissante » qui permettra d’améliorer significativement l’accompagnement des victimes. Même son de cloche à Aboisso, où Kra Kouadio Tawadé, enseignant, également point focal, évoque un « besoin réel » enfin comblé grâce à une approche multidisciplinaire et coordonnée. Au-delà des protocoles, la formation a mis l’accent sur l’humain : empathie, confidentialité, respect des droits, mais aussi recours à des approches thérapeutiques alternatives comme le sport, la danse ou le théâtre pour aider à la reconstruction.

Sous l’impulsion de sa directrice, Pr Méliane N’Dhatz-Ébagnitchié Epse Sanogo, l’INFAS affiche clairement ses ambitions : faire de la lutte contre les VACS, un pilier de son excellence opérationnelle. Une volonté renforcée depuis la Journée internationale des droits des femmes du 8 mars dernier, où le sujet avait déjà été placé au cœur des priorités. Dans les amphithéâtres comme dans les couloirs, une dynamique nouvelle s’installe : les langues se délient, les victimes osent parler, et les structures d’écoute se consolident. Car ici, le message est désormais clair : briser le silence, c’est déjà commencer à guérir.

Texte et récit : Marie-Paule N'GUESSAN