SANTÉ / Paludisme : l’ONU alerte sur une résurgence mondiale, 610 000 décès et une Afrique en état d’urgence sanitaire
SANTÉ / Paludisme : l’ONU alerte sur une résurgence mondiale, 610 000 décès et une Afrique en état d’urgence sanitaire
Un documentaire de Agence Presse Audio
Le paludisme regagne dangereusement du terrain. Dans son rapport annuel publié le 4 décembre 2025, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) tire la sonnette d’alarme : 610 000 personnes sont mortes du paludisme en 2024, dont 95 % en Afrique, confirmant une flambée inquiétante après plusieurs années de stabilisation.
Un documentaire de
Agence Presse Audio
Mise en ligne
10 Décembre 2025
Réalisation
Agence Presse Audio
Mise en onde & mix
Agence Presse Audio
Illustration
Agence Presse Audio
Production
Agence Presse Audio
Le paludisme regagne dangereusement du terrain. Dans son rapport annuel publié le 4 décembre 2025, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) tire la sonnette d’alarme : 610 000 personnes sont mortes du paludisme en 2024, dont 95 % en Afrique, confirmant une flambée inquiétante après plusieurs années de stabilisation. Entre 2023 et 2024, les nouvelles infections ont bondi pour atteindre 282 millions de cas, soit 9 millions de plus en un an. Cette maladie transmise par les moustiques du genre Anopheles continue de frapper principalement les zones tropicales, où les enfants demeurent les premières victimes.
Fièvres aiguës, vomissements, complications neurologiques : les symptômes progressent rapidement et restent souvent mortels sans traitement. Selon l’infectiologue Pr Olivier Bouchaud (Hôpital Avicenne, AP-HP), cette remontée marque une rupture dans les gains obtenus entre 2000 et 2015, période durant laquelle le monde avait enregistré une forte baisse de la mortalité. Aujourd’hui, la dynamique s’inverse dangereusement.
Financements insuffisants, résistances croissantes : un cocktail explosif
Pour Daniel Ngamije, responsable de la lutte antipaludique à l’OMS, les signaux sont préoccupants : la maladie pourrait connaître une résurgence massive et incontrôlée. En cause : le changement climatique, qui augmente la prolifération des moustiques ; les conflits armés, qui affaiblissent les systèmes sanitaires ; le sous-financement chronique, véritable talon d’Achille de la riposte. En 2024, seulement 3,9 milliards de dollars ont été mobilisés, alors que 9,3 milliards sont nécessaires pour 2025. Les parasites, eux, développent une résistance croissante aux traitements antipaludiques, réduisant l’efficacité des médicaments actuels.
Afrique : l’épicentre de la crise
La répartition des décès est éloquente : Nigeria : 31,9 %, RDC : 11,7 %, Niger : 6,1 %. Dans le même temps, le continent affronte une nouvelle tempête sanitaire : la pire épidémie de choléra depuis 25 ans, avec plus de 300 000 cas et 7 000 décès recensés en novembre 2025.
Vaccins, prévention et progrès : une lueur d’espoir
Depuis l’introduction des premiers vaccins antipaludiques en 2021, 24 pays les ont intégrés à la vaccination de routine. La chimioprévention, autre pilier de la lutte, est désormais déployée dans 20 pays, touchant 54 millions d’enfants en 2024 (contre seulement 200 000 en 2012). Parallèlement, l’OMS a certifié 47 pays et un territoire exempts de paludisme, dont le Cap-Vert et l’Égypte en 2024, ainsi que la Géorgie, le Suriname et le Timor oriental en 2025, des avancées qui prouvent que l’élimination est possible.
Malgré ces progrès, le paludisme demeure l’un des défis sanitaires les plus pressants de notre époque. Sans investissements massifs et une mobilisation mondiale, la maladie pourrait redevenir l’un des plus grands fléaux du XXIᵉ siècle.
Texte et récit : Marie-Paule N’GUESSA



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