SANTÉ/ Quatre ans de chimiothérapie pour un cancer inexistant : une Italienne indemnisée à hauteur de 500 000 euros.
SANTÉ/ Quatre ans de chimiothérapie pour un cancer inexistant : une Italienne indemnisée à hauteur de 500 000 euros.
Un documentaire de Agence Presse Audio
Victime d’une erreur médicale majeure, une Italienne de 61 ans a obtenu gain de cause devant la justice.
Un documentaire de
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12 Janvier 2026
Réalisation
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Victime d’une erreur médicale majeure, une Italienne de 61 ans a obtenu gain de cause devant la justice. Après avoir subi plusieurs années de chimiothérapie pour un cancer qui n’a jamais existé, la Cour d’appel de Florence (Italie) a condamné l’hôpital universitaire de Pise à lui verser près de 500 000 euros d’indemnisation.
Une erreur de diagnostic aux conséquences dramatiques
L’affaire remonte à 2006. Cette Italienne, alors âgée de 41 ans, se rend à l’hôpital de Volterra, en Toscane, pour une intervention orthopédique de routine. Des anomalies sont détectées lors d’examens médicaux préopératoires, conduisant à des investigations approfondies au Centre hospitalier universitaire (CHU) de Pise. À l’issue de ces examens, les médecins posent un diagnostic lourd : un lymphome non hodgkinien de type MALT, une forme de cancer intestinal. Dès 2007, la patiente est soumise à un traitement intensif combinant chimiothérapie et corticothérapie, sur la base de ce diagnostic qui se révélera par la suite totalement erroné.
Des années de traitements inutiles et destructeurs
Pendant près de quatre à cinq ans, la femme subit des séances répétées de chimiothérapie, accompagnées d’effets secondaires sévères. Elle développe notamment des troubles hormonaux importants, une anxiété chronique et des épisodes dépressifs profonds. Son état de santé général se détériore, affectant durablement sa vie personnelle, professionnelle et psychologique. Ce n’est qu’en 2011, après avoir sollicité un second avis médical dans un autre établissement, qu’une nouvelle biopsie est réalisée. Le verdict est sans appel : aucune trace de cancer. Les spécialistes confirment que la patiente n’a jamais été atteinte de la maladie pour laquelle elle a été traitée durant plusieurs années.
Une indemnisation portée à près de 500 000 euros
À la suite de cette révélation, la victime engage une action en justice contre l’hôpital universitaire de Pise pour faute médicale. En première instance, la justice italienne lui accorde environ 258 000 euros de dommages et intérêts. Mais le jeudi 8 janvier 2026, la Cour d’appel de Florence revoit cette décision à la hausse. Tenant compte de la gravité exceptionnelle du préjudice subi, notamment l’angoisse permanente d’être atteinte d’un cancer mortel et les lourdes souffrances physiques et psychologiques endurées, les juges portent l’indemnisation totale à près de 500 000 euros.
Un signal fort pour la responsabilité médicale
Dans leur motivation, les magistrats soulignent que la patiente a vécu pendant des années dans la peur de la mort, tout en subissant des traitements invasifs totalement injustifiés. Une situation jugée incompatible avec les exigences de prudence et de rigueur attendues en matière de diagnostic oncologique. Ce jugement met en lumière les conséquences potentiellement dévastatrices des erreurs de diagnostic médical, en particulier dans le domaine du cancer. Il rappelle également l’importance cruciale de la relecture des analyses, de la confrontation des avis médicaux et de l’accès effectif à un second avis pour prévenir de tels drames humains.
Texte et récit : Marie-Paule N'GUESSAN



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