Santé en Europe : explosion record des IST, la « chaude-pisse » en hausse de 300 % !

Santé en Europe : explosion record des IST, la « chaude-pisse » en hausse de 300 % !

Santé en Europe : explosion record des IST, la « chaude-pisse » en hausse de 300 % !

Un documentaire de Agence Presse Audio


Les Infections sexuellement transmissibles (IST) n’ont jamais autant circulé en Europe depuis plus d’une décennie. Selon le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), les chiffres publiés le 17 juillet 2026 confirment une tendance préoccupante : syphilis, chlamydia et gonorrhée atteignent des niveaux historiques.

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27 Juillet 2026


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Les Infections sexuellement transmissibles (IST) n’ont jamais autant circulé en Europe depuis plus d’une décennie. Selon le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), les chiffres publiés le 17 juillet 2026 confirment une tendance préoccupante : syphilis, chlamydia et gonorrhée atteignent des niveaux historiques.

La gonorrhée, autrefois surnommée la « chaude-pisse », enregistre une flambée spectaculaire de 303 %, avec 106 331 cas en 2024. Dans le même temps, la syphilis a plus que doublé pour atteindre 45 577 cas, avec une progression alarmante des formes congénitales chez les nouveau-nés. Quant à la chlamydia, elle reste l’infection la plus répandue avec plus de 213 000 cas déclarés. À l’échelle mondiale, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que plus d’un million de nouvelles infections surviennent chaque jour.

Mais pourquoi une telle explosion ?

D’abord, ces infections sont souvent silencieuses. Peu ou pas de symptômes, ce qui favorise une propagation discrète mais massive. Brûlures, écoulements, douleurs, lorsqu’ils apparaissent, il est parfois déjà tard. Non traitées, ces maladies peuvent entraîner des complications graves, allant jusqu’à la stérilité ou des atteintes neurologiques.

Ensuite, les progrès du dépistage jouent un rôle clé. Grâce aux tests PCR, simples et indolores, les diagnostics se multiplient. « Avant, on ne testait que les personnes symptomatiques », explique Jade Ghosn, infectiologue à l’hôpital Bichat à Paris en France. Aujourd’hui, un simple prélèvement suffit, ce qui augmente mécaniquement le nombre de cas détectés.

Mais cette stratégie fait débat. Pour certains spécialistes comme Patrick Blanco, immunologiste, Professeur des Universités - Praticien hospitalier, le dépistage massif entraînerait une surconsommation d’antibiotiques, sans réel impact sur la propagation des infections, avec en prime un risque accru de résistance aux traitements.

Enfin, l’évolution des comportements sexuels pèse lourd dans la balance. Baisse de l’usage du préservatif, multiplication des partenaires via les applications de rencontre, et perception moins alarmante du VIH, autant de facteurs qui favorisent la transmission. « Le VIH fait moins peur, et cela modifie les réflexes de protection », souligne Jade Ghosn.

Face à cette situation, les autorités sanitaires tirent la sonnette d’alarme : plus que jamais, prévention, dépistage ciblé et éducation sexuelle restent les meilleures armes. Car derrière ces chiffres, une réalité s’impose : les IST n’ont jamais vraiment disparu, elles ont simplement changé de visage.

Texte et récit : Marie-Paule N'GUESSAN