Actualité africaine / Crise énergétique en Tunisie : la ministre de l’Énergie limogée au cœur d’un dossier sensible.
La présidence tunisienne a annoncé mardi 28 avril 2026 la révocation de la ministre de l’Industrie, de l’Énergie et des Mines, Fatma Thabet Chiboub, sans donner de motifs. Cette décision intervient alors que le Parlement examine plusieurs projets de loi sensibles visant à ouvrir le secteur des énergies renouvelables aux investissements étrangers.
La présidence tunisienne a annoncé mardi 28 avril 2026 la révocation de la ministre de l’Industrie, de l’Énergie et des Mines, Fatma Thabet Chiboub, sans donner de motifs. Cette décision intervient alors que le Parlement examine plusieurs projets de loi sensibles visant à ouvrir le secteur des énergies renouvelables aux investissements étrangers. Dans un communiqué officiel, le président tunisien Kaïs Saïed a confié l’intérim à Salah Eddine Zouari, actuel ministre de l’Équipement et de l’Habitat. L’annonce a été faite à l’issue d’une réunion tenue au palais de Carthage avec plusieurs membres du gouvernement.
Ce départ soudain survient dans un climat politique tendu. Cinq textes, déjà approuvés en Conseil des ministres puis transmis à l’Assemblée, prévoient d’autoriser des opérateurs étrangers à construire et exploiter des centrales solaires en Tunisie dans le cadre de concessions de longue durée. Les projets en discussion prévoient des contrats pouvant atteindre vingt ans, renouvelables dix années supplémentaires, ainsi que des avantages fiscaux temporaires. L’électricité produite serait ensuite rachetée par la Société tunisienne de l’électricité et du gaz.
Le gouvernement défend cette orientation par la nécessité de réduire la dépendance énergétique du pays, de sécuriser l’approvisionnement national et de contenir les coûts de production. La Tunisie reste fortement exposée aux importations d’hydrocarbures, qui pèsent lourdement sur ses finances. Selon le secrétaire d’État à la Transition énergétique, Wael Chouchane, les énergies renouvelables représentent actuellement près de 9 % de la production électrique nationale.
L’exécutif vise une part de 35 % à l’horizon 2030. Le programme prévoit aussi près de 500 millions d’euros d’investissements pour déployer des centrales photovoltaïques totalisant 600 mégawatts, principalement dans les régions du centre et du sud. Mais la réforme suscite une vive contestation. La centrale syndicale UGTT accuse le pouvoir d’accroître la dépendance économique du pays et de fragiliser sa souveraineté énergétique. Elle réclame des accords accordant un rôle plus important à l’État tunisien. Au Parlement, les échanges restent tendus. Certains députés saluent le départ de la ministre, tandis que d’autres exigent des explications sur ce limogeage survenu en plein débat autour d’un dossier jugé stratégique pour l’avenir énergétique de la Tunisie.
Texte : La plume de la Bagoué



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