CULTURE / Nigéria : un festival de fertilité vire au scandale, 15 interpellations après des agressions choquantes.
Ce qui devait être une célébration ancestrale de la fécondité, s’est transformé en véritable scène de chaos. Le festival Alue-Do, organisé le 19 mars 2026 à Ozoro, dans l’État du Delta au Nigéria, est aujourd’hui au cœur d’une vive polémique après la diffusion de vidéos d’une rare violence sur les réseaux sociaux.
Ce qui devait être une célébration ancestrale de la fécondité, s’est transformé en véritable scène de chaos. Le festival Alue-Do, organisé le 19 mars 2026 à Ozoro, dans l’État du Delta au Nigéria, est aujourd’hui au cœur d’une vive polémique après la diffusion de vidéos d’une rare violence sur les réseaux sociaux. Sur ces images devenues virales, des groupes d’hommes sont aperçus poursuivant, déshabillant et agressant des femmes en pleine rue, sous les regards impuissants, et parfois passifs, de témoins. Attouchements, violences verbales et physiques : des scènes jugées « répugnantes et honteuses » par les autorités, qui ont immédiatement réagi.
La police de l’État du Delta a annoncé l’interpellation de 15 suspects, accusés d’agressions sexuelles. Si, selon les autorités, aucune plainte pour viol n’a encore été officiellement déposée, plusieurs témoignages, notamment ceux de six étudiantes d’une université locale, évoquent des faits d’agressions inquiétants. Traditionnellement, certaines phases du festival Alue-Do interdisent la présence des jeunes femmes célibataires, la cérémonie étant censée invoquer la fertilité. Mais selon plusieurs sources, ce contexte particulier aurait été exploité par des individus mal intentionnés pour cibler des participantes isolées.
Les chefs traditionnels d’Ozoro montent au créneau et dénoncent une « infiltration de voyous » venus de l’extérieur. Ils rejettent toute responsabilité culturelle, affirmant que ces actes n’ont rien à voir avec les rites authentiques du festival. Une ligne également défendue par les autorités, qui parlent d’actes criminels isolés. Face à l’indignation nationale, la Première dame, Oluremi Tinubu, a fermement condamné ces dérives : « Aucune tradition ni coutume ne donne le droit de porter atteinte à la dignité ou à la liberté d’une femme », a-t-elle martelé dans un communiqué.
Au-delà des arrestations, cette affaire relance un débat profond au Nigéria sur les dérives possibles de certaines pratiques culturelles et la nécessité de mieux protéger les femmes dans les espaces publics. Car une chose est désormais claire : entre tradition et violence, la frontière ne doit jamais être franchie. Et lorsque la culture devient un prétexte à l’impunité, c’est toute une société qui est appelée à se remettre en question.
Texte et récit : Marie-Paule N'GUESSAN



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