Cameroun : Paul Biya repousse à nouveau l’échéance électorale.

Cameroun : Paul Biya repousse à nouveau l’échéance électorale.

À l’occasion de la 60e Fête de la Jeunesse le 10 février 2026, le chef de l’État Paul Barthélemy Biya a annoncé un nouveau report des législatives et des municipales. Un « réajustement » qui prolonge l’incertitude politique dans un pays en attente de renouvellement.


À l’occasion de la 60e Fête de la Jeunesse le 10 février 2026, le chef de l’État Paul Barthélemy Biya a annoncé un nouveau report des législatives et des municipales. Un « réajustement » qui prolonge l’incertitude politique dans un pays en attente de renouvellement. C’est un rituel immuable, mais dont la substance a surpris : mardi soir, Paul Biya s’est adressé à la nation.

Le doyen des chefs d’État 93 ans dont 42 au pouvoir a d’emblée douché les espoirs d’un scrutin imminent. Initialement prévues pour 2025, puis décalées à début 2026, les élections législatives et municipales subissent un nouveau « léger réajustement ». Si le président invoque des « contraintes impérieuses » et garantit le respect de la Constitution, aucune date n’a été avancée, laissant la classe politique dans l'expectative.

Entre promesses de remaniement et morale civique Le locataire d'Etoudi a profité de cette tribune pour confirmer la dissolution imminente de l'équipe ministérielle, annoncée lors de ses vœux de fin d'année. Ce futur gouvernement devra répondre au défi majeur de l’insertion des jeunes, une catégorie sociale que le président a longuement exhortée à la discipline.

Loin de l'autocritique sur le chômage endémique, Paul Biya a pointé les dérives de la jeunesse : abus d'alcool, drogues et emprise des réseaux sociaux. Un discours aux accents paternels qui occulte la tension persistante depuis sa réélection contestée pour un huitième mandat, alors que toute velléité de contestation reste fermement réprimée dans le pays.

Texte et récit : Silvère Bossiei