MUSIQUE-PEOPLE / La Côte d’Ivoire en deuil : Kéké Kassiry, le père du « Gnamagnama », tire sa révérence à 72 ans.
Le rideau est tombé sur une légende. Kéké Kassiry, icône de la musique ivoirienne, s’est éteint à l’âge de 72 ans le samedi 4 avril 2026, laissant derrière lui un vide immense dans le paysage culturel national.
Le rideau est tombé sur une légende. Kéké Kassiry, icône de la musique ivoirienne, s’est éteint à l’âge de 72 ans le samedi 4 avril 2026, laissant derrière lui un vide immense dans le paysage culturel national. Pionnier incontesté du "Gnamagnama", ce courant musical a fait vibrer toute une génération dans les années 1980. Kéké Kassiry n’était pas seulement un chanteur : il était un architecte de la culture ivoirienne moderne.
Avec des titres devenus cultes comme "Abidjan", "N’Menika" ou encore "Africa", il a su imposer une signature artistique unique, mêlant sonorités électroniques, rythmes dansants et refrains accrocheurs. Mais l’artiste ne s’est pas limité à la musique. Visionnaire, il a également marqué un tournant dans l’esthétique des clips vidéo en Côte d’Ivoire. À une époque où les moyens techniques étaient rudimentaires, il a osé innover, proposant des images audacieuses et un storytelling visuel qui ont contribué à professionnaliser toute une industrie encore naissante.
Dans les coulisses, plusieurs figures du showbiz saluent aujourd’hui un homme discret, rigoureux et profondément engagé. Arrangeurs, producteurs et jeunes artistes reconnaissent unanimement son rôle de précurseur, celui qui a ouvert la voie à une nouvelle génération d’expressions musicales urbaines. Dans les rues d' Abidjan, ses mélodies continuent de résonner comme un écho vivant de son génie créatif.
Radios, maquis et taxis diffusent encore ses classiques, preuve que son œuvre a traversé le temps sans jamais perdre de sa fraîcheur. Si les circonstances de son décès restent pour l’heure inconnues, une chose est certaine : Kéké Kassiry ne disparaît pas vraiment. Il entre dans la mémoire collective, là où vivent éternellement les bâtisseurs. Une voix s’éteint, mais le "Gnamagnama", lui, ne mourra jamais.
Texte et récit : Marie-Paule N'GUESSAN



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