Société / Afrique du Sud : La xénophobie refait surface et ravive les tensions avec le Ghana.
Le spectre des violences xénophobes refait surface en Afrique du Sud. De nouvelles tensions visant des ressortissants africains, notamment ghanéens et nigérians, ont éclaté ces derniers jours, ravivant un phénomène récurrent et provoquant un début de crispation diplomatique entre Pretoria et Accra.
Le spectre des violences xénophobes refait surface en Afrique du Sud. De nouvelles tensions visant des ressortissants africains, notamment ghanéens et nigérians, ont éclaté ces derniers jours, ravivant un phénomène récurrent et provoquant un début de crispation diplomatique entre Pretoria et Accra. Plusieurs vidéos largement diffusées sur les réseaux sociaux montrent des scènes d’intimidation dans certains quartiers résidentiels. Des groupes d’habitants interpellent des étrangers présumés, exigent des preuves de séjour et menacent de les expulser de leurs logements.
Dans plusieurs cas, les forces de sécurité sont intervenues pour éviter des débordements. L’affaire la plus commentée concerne Emmanuel Asamoah, un citoyen ghanéen agressé dans la province du KwaZulu-Natal. Bien qu’en situation régulière, il aurait été sommé par ses assaillants de quitter le pays. Au Ghana, l’incident a suscité une vive émotion et renforcé les inquiétudes face à un climat jugé de plus en plus hostile envers les migrants africains. Face à la montée des tensions, les autorités sud-africaines ont promis une réponse ferme.
Le ministère de la Police a annoncé que toute personne impliquée dans des actes de violence, d’incitation à la haine ou d’intimidation, serait identifiée et poursuivie. Le ministre des Relations internationales, Ronald Lamola, a rappelé que ces agissements sont contraires aux principes constitutionnels du pays. À Accra, la réaction a été rapide. Dans un geste fort, le Ghana a annoncé le 26 avril 2026, l’évacuation d’urgence de certains de ses ressortissants les plus vulnérables. Le ministre ghanéen des Affaires étrangères, Samuel Okudzeto Ablakwa, a convoqué l’envoyé sud- africain afin d’exiger des garanties de sécurité pour les citoyens ghanéens installés en Afrique du Sud. Les autorités ont également appelé leurs ressortissants à la vigilance.
Cette nouvelle flambée rappelle les violences meurtrières de 2008, 2015 et 2019, qui avaient causé des dizaines de morts et d’importants pillages. Depuis plusieurs années, les migrants sont régulièrement accusés de prendre les emplois locaux, de peser sur les services publics ou d’alimenter l’insécurité, malgré l’absence de preuves généralisées. Le malaise s’enracine dans les difficultés économiques persistantes du pays.
Avec un chômage supérieur à 30 %, une pauvreté durable et de fortes inégalités, une partie de la population dirige sa colère vers les étrangers plutôt que vers les fragilités internes. Des mouvements nationalistes comme Operation Dudula entretiennent régulièrement ce discours. Alors que l’Afrique défend officiellement l’intégration régionale et la libre circulation, cette nouvelle crise illustre la fragilité de la solidarité continentale lorsque les tensions sociales s’intensifient. Pour Pretoria, l’enjeu dépasse la seule sécurité intérieure et touche désormais à son image sur le continent.
Texte : La plume de la Bagoué



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