TECHNOLOGIE / Bénin : 150 jeunes en lice pour écrire l’avenir de l’IA africaine.

TECHNOLOGIE / Bénin : 150 jeunes en lice pour écrire l’avenir de l’IA africaine.

À Cotonou, l’intelligence artificielle n’est plus un concept abstrait : elle devient un terrain de compétition, d’ambition et de projection nationale. Le samedi 27 juin 2026, 150 jeunes talents béninois se sont affrontés lors de la toute première édition des « Olympiades nationales d’intelligence artificielle (NOAI) », une initiative stratégique visant à positionner le pays comme un futur hub régional du numérique.


À Cotonou, l’intelligence artificielle n’est plus un concept abstrait : elle devient un terrain de compétition, d’ambition et de projection nationale. Le samedi 27 juin 2026, 150 jeunes talents béninois se sont affrontés lors de la toute première édition des « Olympiades nationales d’intelligence artificielle (NOAI) », une initiative stratégique visant à positionner le pays comme un futur hub régional du numérique. 

Organisée sous l’impulsion conjointe du ministère de la Transformation digitale et de l’Innovation, du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, du ministère des Enseignements secondaire, technique et de la Formation professionnelle, ainsi que de l’Agence de développement de Sèmè City (ADSC), cette compétition s’inscrit dans la dynamique de la Stratégie nationale d’intelligence artificielle et des mégadonnées (SNIAM 2023-2027).

L’objectif est clair : détecter et former une élite capable de porter haut les couleurs du Bénin sur la scène internationale. À l’issue de cette première phase, 16 candidats seront sélectionnés pour un programme intensif incluant kits pédagogiques, bootcamp technique et mentorat de haut niveau. Huit d’entre eux constitueront l’équipe nationale appelée à représenter le pays aux Olympiades internationales d’intelligence artificielle (IOAI), prévues du 2 au 8 août à Astana, au Kazakhstan. 

Pour Sèdami Médégan Fagla, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, l’enjeu dépasse la simple compétition : « Vous représentez le Bénin d’aujourd’hui et de demain. Nous vous donnons la lumière pour rendre notre pays compétitif dans le numérique de demain. » Une vision partagée par Mahuna Akplogan, ministre de la Transformation digitale et de l’Innovation, chargé de la Stratégie nationale d’IA, qui ambitionne de faire du Bénin une référence africaine en matière d’éducation à l’intelligence artificielle.

Cette initiative fait suite à une première participation remarquée du pays aux IOAI en août 2025 à Pékin en Chine, où le Bénin s’était classé 30ᵉ sur 78 équipes, avec une distinction individuelle obtenue par Merveille Agbossaga, l’une des rares performances africaines de cette édition. Au-delà de la compétition, ces olympiades s’inscrivent dans une course plus large : celle de l’appropriation de l’intelligence artificielle comme levier de croissance.

Selon le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), s’appuyant sur une analyse de « PricewaterhouseCoopers (PwC) », l’IA pourrait générer jusqu’à 1 200 milliards de dollars pour l’économie africaine, à condition que le continent capte une part significative du marché mondial. D’autres projections, comme celle d’Olumide Balogun de Google Afrique de l’Ouest, évoquent même un potentiel de 1 500 milliards de dollars d’ici 2030. 

Mais derrière ces chiffres prometteurs, une réalité demeure : la réussite dépendra de la capacité des États à investir durablement dans la formation, les infrastructures et l’innovation. À Cotonou, ce samedi-là, ce ne sont pas seulement 150 jeunes qui ont concouru. C’est tout un pays qui a esquissé les contours de son futur numérique, avec une certitude : l’intelligence artificielle ne sera pas seulement une opportunité à saisir, mais un rendez-vous à ne pas manquer.

Texte et récit : Marie-Paule N'GUESSAN