TECHNOLOGIE / Justice sous tension : Pavel Durov attaque « la France d’Emmanuel Macron » et prend la défense d’Elon Musk.
Le ton monte entre les géants de la tech et les autorités françaises. Le fondateur de Telegram, Pavel Durov, est revenu à la charge le lundi 20 avril 2026 en dénonçant ce qu’il considère comme une instrumentalisation de la justice par « la France d’Emmanuel Macron ».
Le ton monte entre les géants de la tech et les autorités françaises. Le fondateur de Telegram, Pavel Durov, est revenu à la charge le lundi 20 avril 2026 en dénonçant ce qu’il considère comme une instrumentalisation de la justice par « la France d’Emmanuel Macron ». Dans son viseur : la convocation d’Elon Musk par la justice française dans une enquête portant sur les dérives du réseau social X.
Dans une série de publications incisives, l’entrepreneur russo-émirati n’a pas mâché ses mots : selon lui, les enquêtes pénales seraient devenues « une arme » pour restreindre la liberté d’expression et porter atteinte à la vie privée. Ironique, il va jusqu’à comparer une mise en examen à « la nouvelle Légion d’honneur » dans la France actuelle.
Au-delà de la provocation, Pavel Durov met en cause l’indépendance même du système judiciaire français. Il critique notamment le statut des procureurs, qu’il estime trop dépendants du pouvoir exécutif, ainsi que le rôle de la police judiciaire, accusée de produire des rapports biaisés. Une charge frontale qui intervient alors que lui-même reste dans le viseur des autorités.
Car l’homme d’affaires de 41 ans n’est pas un simple observateur. Mis en examen en août 2024 pour une douzaine d’infractions liées à Telegram, dont des accusations graves de complicité dans la diffusion de contenus pédopornographiques, il a vu son contrôle judiciaire levé en novembre 2025. Désormais installé à Dubaï, il reste néanmoins sous le coup d’une enquête toujours en cours.
En prenant la défense d’Elon Musk, régulièrement accusé de dérives dans la gestion de X, Pavel Durov assume une ligne libertaire radicale : « Si vous n’aimez pas une plateforme, ne l’utilisez pas », a-t-il lancé, rejetant toute forme d’intervention étatique dans la modération des contenus.
Une position tranchée, à l’image d’un affrontement plus large entre États et géants du numérique. Car derrière les déclarations choc et les piques politiques, une question persiste : jusqu’où les gouvernements peuvent-ils aller pour encadrer les plateformes sans être accusés de museler la liberté ?
Texte et récit : Marie-Paule N'GUESSAN



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