« MOUSSA DIAKHATE ET LES DEUX BERGERS »

« MOUSSA DIAKHATE ET LES DEUX BERGERS »

« MOUSSA DIAKHATE ET LES DEUX BERGERS »

Un documentaire de Agence Presse Radio


Autrefois, dans nos villages, les enfants ; garçons comme filles, appartenaient à des « m’bawars » ; ce sont des groupements organisés basés sur des tranches d’âges.

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Un documentaire de

Agence Presse Radio


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03 Juillet 2024


Réalisation

Agence Presse Radio


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Agence Presse Radio


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Agence Presse Radio


Production

Agence Presse Radio

Autrefois, dans nos villages, les enfants ; garçons comme filles, appartenaient à des « m’bawars » ; ce sont des groupements organisés basés sur des tranches d’âges.

Ceux qui avaient la même tranche d’âge appartenaient au même « m’bawars ».

Au sein du « m’bawars » s’organisaient toutes sortes d’activités (culturelles, sportives, sociales…). Que l’enfant soit bien portant, handicapé physique ou mental, il avait son « m’bawars ».

Moussa Diakhaté était un malade mental, il avait son « m’bawars ».

Un jour Moussa et son « m’bawars » organisent une sortie dans la forêt voisine.

Au milieu de la forêt, ils voient deux taureaux gras et gros qui ruminent tranquillement sous un acacia. Ils attrapent les taureaux et les tuent, se partagent la viande en excluant Moussa le fou du partage.

Moussa ne dit rien, mais le lendemain il retourne tout seul dans la forêt. En cours de route il rencontre deux bergers.

Après les salutations, les bergers lui demandent son nom, Moussa dit qu’il n’en a pas et demande aux bergers s’ils cherchent deux taureaux. 

Oui, répondent ces derniers. 

Ils sont deux n’est-ce pas ? enchaîne Moussa. L’un est de couleur blanche avec de longues cornes, l’autre est de couleur rougeâtre avec de petites cornes. 

C’est exactement cela, exultent les bergers. 

Où sont-ils ? 

Je ne les ai pas vus, dit Moussa. 

Ce n’est pas possible, disent les autres. De toute façon on ne te laissera pas tant que tu ne nous auras pas montré nos taureaux, car d’après les indications que tu nous as données, tu as bien vu nos taureaux.

Après quelques moments de palabres, Moussa leur dit :

« Suivez-moi, je vais vous montrer vos taureaux. »

Arrivés au village, ils trouvent ses amis du « m’bawars » en train de boire le thé sous un arbre et Moussa dit alors aux bergers : 

Ces gens que vous voyez là, ce sont vos voleurs. 

Aussitôt des discussions éclatent, les bergers réclament avec force leurs taureaux, les autres nient en prétendant que ce sont les paroles d’un fou.

Après plusieurs heures de conciliabules, les bergers s’en vont appeler la police.

Moussa Diakhaté se tourne vers ses amis et leur dit : 

Donnez-moi ma part de viande et j’arrange les choses.

Pris de peur, ils envoient un des leurs dans différentes maisons pour récupérer ici un morceau de viande, là un morceau d’os, là-bas un bout d’intestin et les apporte chez Moussa.

Quelques moments plus tard, les bergers reviennent accompagnés de nombreux policiers.

Moussa les accueille et leur dit : 

Écoutez, les taureaux sont bien rentrés dans le village, ils ont trouvé ces gens en train de prier ; ils leur ont donné des coups de tête, ils ont piétiné les livres de Coran qui étaient posés par terre, ils ont cassé les murs de la mosquée et enfin ils sont retournés jusqu’à cet endroit-là, et ils sont tous les deux entrés dans ce trou de lézard.

Dépités, les policiers reprennent leur voiture et l’assemblée se disperse.

Mon conte est fini : celui qui respire ira au paradis.

Extrait de Contes africains

Voix : Jek LULUTÊGUÎ