Actualité africaine / Guinée-Bissau : la junte envisage de prolonger la transition malgré la pression de la CEDEAO.

Actualité africaine / Guinée-Bissau : la junte envisage de prolonger la transition malgré la pression de la CEDEAO.

Actualité africaine / Guinée-Bissau : la junte envisage de prolonger la transition malgré la pression de la CEDEAO.

Un documentaire de Agence Presse Audio


Le pouvoir militaire en Guinée-Bissau affiche désormais clairement son intention de prolonger la transition politique, en dépit des appels répétés de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) en faveur d’un retour rapide à l’ordre constitutionnel.

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12 Janvier 2026


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Le pouvoir militaire en Guinée-Bissau affiche désormais clairement son intention de prolonger la transition politique, en dépit des appels répétés de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) en faveur d’un retour rapide à l’ordre constitutionnel. Samedi 10 janvier 2026, une délégation de haut niveau de l’organisation régionale, conduite par le président sierra-léonais Julius Maada Bio et son homologue sénégalais Bassirou Diomaye Faye, s’est rendue à Bissau dans une tentative de rapprochement des positions.

Les médiateurs ont plaidé pour une transition courte, inclusive et transparente, condition jugée indispensable pour restaurer la stabilité politique. La junte militaire, dirigée par le général Horta N’Tam, défend toutefois une lecture radicalement différente de la situation. Selon un membre du Haut Commandement militaire, le délai d’un an initialement annoncé ne serait plus suffisant. Les autorités invoquent la nécessité d’une phase prolongée de « sécurisation » afin de stabiliser durablement le pays avant l’organisation de nouvelles élections. L’armée avait pris le pouvoir quelques jours après les élections présidentielle et législatives de novembre 2025, renversant le président Umaro Sissoco Embaló, candidat à un second mandat.

À l’époque, les militaires avaient promis une transition limitée à douze mois, un engagement aujourd’hui remis en question. Si le président en exercice de la CEDEAO, Julius Maada Bio, a qualifié les discussions de « constructives », les divergences restent profondes, notamment sur la question des prisonniers politiques. Les émissaires ouest-africains ont rencontré plusieurs figures de l’opposition, parmi lesquelles Fernando Dias, réfugié à l’ambassade du Nigeria, et Domingos Simões Pereira, ancien Premier ministre toujours détenu. 

Malgré la libération récente de certains opposants, la junte privilégie une approche graduelle, sans calendrier clairement défini. La possibilité d’un déploiement d’une force régionale de la CEDEAO a également été évoquée au cours des échanges. Une option perçue par les autorités militaires comme une atteinte à la souveraineté nationale.

Texte : La plume de la Bagoué

Récit : Marie-Paule N’GUESSAN