Côte d’Ivoire/ Transport routier : Quand le 16ème étage de la Tour E, devient le nouveau terminus de l’impunité des « VIP de la route ».

Côte d’Ivoire/ Transport routier : Quand le 16ème étage de la Tour E, devient le nouveau terminus de l’impunité des « VIP de la route ».

Côte d’Ivoire/ Transport routier : Quand le 16ème étage de la Tour E, devient le nouveau terminus de l’impunité des « VIP de la route ».

Un documentaire de Agence Presse Audio


Bienvenue dans l’ère de la « piétonisation forcée » des élites : à Abidjan, le nouveau sport national ne se joue plus au Stade Alassane Ouattara d’Ebimpé, mais dans l’ascenseur de la Tour E.

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06 Mars 2026


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Bienvenue dans l’ère de la « piétonisation forcée » des élites : à Abidjan, le nouveau sport national ne se joue plus au Stade Alassane Ouattara d’Ebimpé, mais dans l’ascenseur de la Tour E. Sous l’impulsion d’Oumar Sako Directeur général des transports terrestres et de la circulation (DGTTC), le 16ème étage est devenu le confessionnal où les disques d’or et les « immunisés du perron » voient leurs privilèges s'effacer devant leurs propres lois. Ici, la rigueur d'État rattrape enfin ceux qui prêchent l'exemple tout en s'octroyant le droit de le transgresser.

Le casting est digne d'un tapis rouge, le glamour en moins. On y croise des icônes de la musique, des influenceurs et des champions d'Afrique qui pensaient que leur notoriété était un totem d'immunité. Pour beaucoup, l’audace de la réforme s’est matérialisée par un retrait de permis pur et simple, transformant des conducteurs de bolides de luxe en usagers émérites du « wôrô-wôrô » ou du ‘’Yango VIP’’.

La technologie au service du civisme

Cette révolution ne repose pas que sur la morale, mais sur un œil qui ne dort jamais : la vidéo-verbalisation. Ce juge électronique, insensible aux autographes, a réussi là où des décennies de sifflets ont échoué. Les chiffres sont éloquents : une baisse de la mortalité routière atteignant parfois 30% sur les grands axes. La peur du flash a enfin remplacé l'insouciance du chauffard. Parallèlement, la fin de la récréation a sonné pour les plaques d'immatriculation banalisées et fantaisistes. En imposant leur retrait, Oumar Sako rétablit l'anonymat républicain.

Les bienfaits sont immédiats : une identification instantanée des véhicules par les radars et une lutte implacable contre le délit de fuite. Plus de passe-droits visuels ; chaque voiture redevient une simple unité soumise à la loi. Un nivellement par le haut (ou par l'amende) Ce nivellement par la contrainte a un côté délicieusement ironique. Voir une star s'expliquer sur un excès de vitesse rappelle à tous que la route est un espace public, pas un circuit privé. 

L’audace de Sako réside dans cette volonté de briser le complexe de supériorité qui polluait nos bitumes. Aujourd’hui, à Abidjan, la vraie classe n'est plus d'avoir une voiture de sport, c'est d'avoir encore tous ses points. Que les retardataires se rassurent : la vue depuis le 16ème étage est idéale pour méditer, surtout quand on y monte en carrosse rutilant pour repartir en voisin de banquette dans un taxi-compteur.

Texte et récit : Silvère Bossiei