CULTURE / Prix RFI Théâtre 2026 : Erick Digbé, la voix ivoirienne qui dérange et captive parmi les 13 finalistes.

CULTURE / Prix RFI Théâtre 2026 : Erick Digbé, la voix ivoirienne qui dérange et captive parmi les 13 finalistes.

CULTURE / Prix RFI Théâtre 2026 : Erick Digbé, la voix ivoirienne qui dérange et captive parmi les 13 finalistes.

Un documentaire de Agence Presse Audio


La scène littéraire francophone retient son souffle. Le comité de lecture du Prix RFI Théâtre 2026 a dévoilé la liste très attendue des 13 finalistes, et une voix ivoirienne s’y distingue avec force : celle d’Erick Digbé.

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10 Juillet 2026


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La scène littéraire francophone retient son souffle. Le comité de lecture du Prix RFI Théâtre 2026 a dévoilé la liste très attendue des 13 finalistes, et une voix ivoirienne s’y distingue avec force : celle d’Erick Digbé. Avec sa pièce percutante « Gòor-jigéen », l’auteur ivoirien s’impose comme le seul représentant de la Côte d’Ivoire dans cette sélection issue de 142 textes provenant de 11 pays, majoritairement africains. Une édition marquée par une diversité d’écritures, dont seulement 17 % portées par des femmes, preuve des défis persistants dans l’accès à la création.

Dans « Gòor-jigéen », Erick Digbé signe une œuvre aussi audacieuse que bouleversante. Le point de départ est saisissant : un cadavre prend la parole. Exhumé par une foule pour être profané, il raconte son existence marquée par les humiliations familiales, les violences sociales et les persécutions religieuses. À travers cette voix d’outre-tombe, l’auteur explore avec une intensité rare la condition d’un homme rejeté pour son identité, dans un contexte où l’homosexualité demeure criminalisée. Une écriture puissante, poétique et profondément engagée.

Critique littéraire, correcteur de texte et poète reconnu, Erick Digbé poursuit également une thèse sur le roman d’entreprise chez Sand et Hugo. Lauréat du Prix de la préface 2025 de la CENE littéraire, il s’est déjà illustré avec son poème-fleuve « Comme jours d’après déluge » publié en mai 2025 aux éditions La Case des Lucioles, salué par la critique pour sa densité et sa maîtrise. Les 13 textes finalistes seront soumis au grand jury, et le verdict est attendu le 27 septembre 2026, avant une remise officielle du prix à Limoges, en France, dans le cadre du prestigieux festival Zébrures d’automne.

Le comité de lecture du collectif ‘’À mots découverts’’, composé d’Élise Blaché, Delphine Brual et Françoise Cousin, salue une sélection riche et engagée : des œuvres qui interrogent l’Histoire, dénoncent les injustices sociales, questionnent les libertés fondamentales et donnent une voix aux silences du monde.

À titre de rappel, l’édition 2025 avait couronné le Congolais Israël Nzila pour sa pièce « Clipping », une œuvre poignante sur la résilience féminine, marquant une première historique pour la RDC depuis la création du prix en 2014. Aujourd’hui, avec « Gòor-jigéen », Erick Digbé ne se contente pas de représenter la Côte d’Ivoire : il impose une parole, dérange les consciences et rappelle que le théâtre reste un espace de vérité. Et si, cette année, la voix qui surgit de la tombe était aussi celle qui s’élève jusqu’au sommet ?

Texte et récit : Marie-Paule N'GUESSAN