Cameroun : L’ombre d’un « crime d’État » après le décès d’Anicet Ekane.
Cameroun : L’ombre d’un « crime d’État » après le décès d’Anicet Ekane.
Un documentaire de Agence Presse Audio
La tension est montée d’un cran au Cameroun après l’annonce officielle, mardi 24 février 2026, des conclusions de l’enquête sur la mort en détention de l’opposant historique Anicet Ekane. Selon le ministère de la Défense, le leader du Manidem, âgé de 74 ans, aurait succombé à des « causes naturelles » liées à de « lourdes pathologies » préexistantes, excluant toute trace de violence physique.
Un documentaire de
Agence Presse Audio
Mise en ligne
26 Février 2026
Réalisation
Agence Presse Audio
Mise en onde & mix
Agence Presse Audio
Illustration
Agence Presse Audio
Production
Agence Presse Audio
La tension est montée d’un cran au Cameroun après l’annonce officielle, mardi 24 février 2026, des conclusions de l’enquête sur la mort en détention de l’opposant historique Anicet Ekane. Selon le ministère de la Défense, le leader du Manidem, âgé de 74 ans, aurait succombé à des « causes naturelles » liées à de « lourdes pathologies » préexistantes, excluant toute trace de violence physique. Arrêté le 24 octobre à Douala pour « incitation à la violence », Ekane figurait parmi les visages de la contestation post-électorale après la réélection contestée de Paul Biya pour un huitième mandat.
Cette version officielle peine pourtant à convaincre. Sa famille dénonce une détention arbitraire et « inhumaine », affirmant que les autorités avaient confisqué l’appareil d’assistance respiratoire indispensable à la survie de l’opposant. Le spectre d’un « crime d’État », évoqué par la figure de proue de l’opposition Maurice Kamto, place Yaoundé sous une intense pression internationale. Londres, Ottawa et Bruxelles exigent désormais une transparence totale sur les circonstances de ce drame. Pour ses proches et ses conseils, le pouvoir était parfaitement informé de la fragilité de son état de santé.
Ce décès intervient dans un climat de répression féroce. Paul Biya, au pouvoir depuis 43 ans, fait face à une opposition de plus en plus soudée derrière Issa Tchiroma Bakary. Ce dernier, porté par une jeunesse avide de changement, continue de revendiquer la victoire face à un régime qui semble privilégier la main de fer au dialogue démocratique. Le corps de l’opposant a été remis à sa famille lundi. Mais alors que le régime tente de clore le dossier médicalement, la mort d’Anicet Ekane s’impose déjà comme un symbole politique explosif pour un pays fracturé par les crises sociales et les velléités séparatistes.
Texte et récit : Silvère Bossiei



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