GENRE / Côte d’Ivoire : Les VBG en hausse de 6,08 % en 2025 — entre persistance des violences et libération de la parole.

GENRE / Côte d’Ivoire : Les VBG en hausse de 6,08 % en 2025 — entre persistance des violences et libération de la parole.

GENRE / Côte d’Ivoire : Les VBG en hausse de 6,08 % en 2025 — entre persistance des violences et libération de la parole.

Un documentaire de Agence Presse Audio


En Côte d’Ivoire, les Violences basées sur le genre (VBG) continuent de marquer l’actualité des droits humains. Selon le rapport annuel 2025 du Conseil national des droits de l’Homme (CNDH), consulté le mardi 10 février 2026, les saisines liées aux VBG ont connu une hausse de 6,08 %, passant de 1 365 cas en 2024 à 1 448 cas en 2025.

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11 Février 2026


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En Côte d’Ivoire, les Violences basées sur le genre (VBG) continuent de marquer l’actualité des droits humains. Selon le rapport annuel 2025 du Conseil national des droits de l’Homme (CNDH), consulté le mardi 10 février 2026, les saisines liées aux VBG ont connu une hausse de 6,08 %, passant de 1 365 cas en 2024 à 1 448 cas en 2025.

Une progression qui interpelle.

Derrière ces chiffres, l’institution présidée par Namizata Sangaré observe une double réalité : la persistance des violences, principalement exercées contre les femmes et les filles, mais également une évolution significative des comportements en matière de dénonciation. Les victimes semblent aujourd’hui davantage enclines à saisir les mécanismes institutionnels de protection, signe d’une meilleure connaissance de leurs droits et d’une confiance croissante envers les structures de recours.

Une vulnérabilité accrue des personnes en situation de handicap

Le rapport met particulièrement en lumière la situation des personnes en situation de handicap. Sur les 1 448 cas enregistrés en 2025, 27 concernaient cette catégorie de population. Un chiffre qui, au-delà de sa proportion, révèle une réalité préoccupante : ces victimes font souvent face à des violences cumulatives, physiques, psychologiques, économiques, tout en rencontrant d’importants obstacles dans l’accès aux services de prise en charge. Cette donnée souligne l’urgence d’adopter des approches inclusives, adaptées aux besoins spécifiques des personnes vulnérables, afin d’éviter une double marginalisation.

Des zones rurales encore fragiles

Autre point d’attention : les disparités territoriales. Le CNDH insiste sur la nécessité de renforcer les politiques publiques de prévention et de protection, notamment dans les zones rurales où les dispositifs de signalement demeurent insuffisamment structurés. Dans ce contexte, le rôle des Commissions régionales des droits de l’Homme apparaît stratégique. En rapprochant l’action institutionnelle des communautés, elles constituent un maillon essentiel pour faciliter l’accès à la justice, accompagner les victimes et consolider le maillage territorial de la lutte contre les VBG.

Entre alerte et espoir

Si l’augmentation des cas signalés peut susciter l’inquiétude, elle traduit également une société ivoirienne en mutation, où le silence cède progressivement la place à la parole. Chaque saisine enregistrée représente non seulement un acte de violence dénoncé, mais aussi un acte de courage. Le défi, désormais est clair : transformer cette dynamique de dénonciation en réponses institutionnelles robustes, durables et dissuasives. Car au-delà des statistiques, ce sont des vies, des trajectoires et des dignités qu’il s’agit de protéger. La hausse de 6,08 % ne doit donc pas seulement être lue comme une alerte rouge, mais comme un signal : celui d’une société qui refuse désormais de détourner le regard.

Texte et récit : Marie-Paule N'GUESSAN