La présidente Samia Suluhu annule la fête de l’indépendance pour financer la reconstruction.

La présidente Samia Suluhu annule la fête de l’indépendance pour financer la reconstruction.

La présidente Samia Suluhu annule la fête de l’indépendance pour financer la reconstruction.

Un documentaire de Agence Presse Audio


C’est une décision que personne n’avait anticipée. La présidente tanzanienne Samia Suluhu Hassan a annulé les célébrations de la fête de l’indépendance du 9 décembre 2025.

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25 Novembre 2025


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C’est une décision que personne n’avait anticipée. La présidente tanzanienne Samia Suluhu Hassan a annulé les célébrations de la fête de l’indépendance du 9 décembre 2025. La raison invoquée par la cheffe de l'État : l'allocation des fonds initialement prévus pour les festivités sera réorientée. Ces sommes seront désormais destinées à la reconstruction des infrastructures endommagées par une récente crise post-électorale, jugée comme l'une des plus meurtrières de ces dernières années.

Cette annonce, tout en étant justifiée par l'urgence des réparations, intervient dans un climat politique extrêmement tendu. En effet, plusieurs partis d'opposition et mouvements de jeunesse avaient planifié une manifestation géante pour cette date symbolique. Leur objectif était de rendre hommage aux disparus de cet épisode sanglant et de dénoncer les allégations de meurtres de masse qui auraient été commis par les forces de l'ordre. Le bilan humain reste le point de friction majeur. Le gouvernement de Dar Es Salam a bien annoncé l'ouverture d'une commission d'enquête pour « faire la lumière » sur ces événements.

Néanmoins, le pouvoir de Samia Suluhu Hassan est accusé d'avoir orchestré la disparition de nombreux corps, ce qu'il a formellement démenti dimanche 23 novembre 2025. Le porte-parole du gouvernement a seulement déploré une « couverture biaisée » des médias, mais s'est refusé à publier ses propres chiffres.

Réélue avec près de 98 % des voix, la présidente est par ailleurs critiquée pour diriger ce pays d'Afrique de l'Est d'une main de fer. Le scrutin du 29 octobre s'est déroulé alors que ses principaux adversaires étaient emprisonnés. Pour aggraver la situation, Internet avait été coupé pendant près d'une semaine, et les autorités avaient bloqué le partage de photos et d'images des troubles dans plusieurs villes. L'annulation de la fête nationale apparaît ainsi comme un acte politique fort, soit pour soutenir la reconstruction, soit pour étouffer toute tentative de mobilisation populaire.

Texte et Récit: Sam Rivers