MUSIQUE / Nigeria : Davido sous le feu des critiques pour avoir dénoncé les enlèvements d’écoliers.
MUSIQUE / Nigeria : Davido sous le feu des critiques pour avoir dénoncé les enlèvements d’écoliers.
Un documentaire de Agence Presse Audio
Au Nigeria, la musique n’échappe plus aux tensions politiques. À sept mois des élections générales, le climat se durcit et déborde désormais sur la scène culturelle.
Un documentaire de
Agence Presse Audio
Mise en ligne
22 Juin 2026
Réalisation
Agence Presse Audio
Mise en onde & mix
Agence Presse Audio
Illustration
Agence Presse Radio
Production
Agence Presse Audio
Au Nigeria, la musique n’échappe plus aux tensions politiques. À sept mois des élections générales, le climat se durcit et déborde désormais sur la scène culturelle. Le mardi 16 juin 2026, la justice nigériane a annulé in extremis la radiation de cinq partis d’opposition, à peine 24 heures après une décision controversée visant à les exclure du scrutin, un épisode qui alimente les accusations de pressions du Congrès des progressistes (APC), au pouvoir.
Dans ce contexte électrique, une autre polémique a enflammé l’opinion publique. Le mercredi 17 juin, la superstar de l’afrobeats Davido s’est retrouvée au cœur d’une vive controverse, déclenchée par un confrère musicien : Dauda Rarara, connu pour son soutien affiché au président Bola Ahmed Tinubu.
À l’origine de la discorde : une performance très remarquée de Davido, le 10 juin à Los Angeles aux États-Unis, lors du concert mondial organisé par la FIFA pour lancer les festivités de la Coupe du monde. Sur scène, l’artiste arborait une veste en cuir noir couverte d’une quarantaine de badges verts, chacun portant le nom d’un élève ou d’un enseignant enlevé lors d’attaques contre trois écoles dans l’État d’Oyo en mai dernier. Dans son dos, un message sans équivoque : « Bring them home ». Un slogan répété au micro, transformant ce moment musical en acte militant.
Mais ce geste, salué par certains comme courageux, a été violemment critiqué par Dauda Rarara. Dans une vidéo en hausa devenue virale, ce dernier qualifie Davido de « barbare » et va jusqu’à l’accuser de « promouvoir le terrorisme ». Selon lui, l’artiste aurait terni l’image du Nigeria sur la scène internationale, instrumentalisant sa performance à des fins politiques, notamment en raison de ses liens familiaux avec Ademola Adeleke, figure de l’opposition.
Face à ces accusations, Davido n’a pas tardé à réagir. Sur le réseau social X, il a défendu sa prise de position avec fermeté :« Un vrai patriote nigérian ne peut pas rester silencieux face à l’insécurité qui ravage le pays. » Au-delà de la querelle entre artistes, l’affaire révèle une fracture plus profonde : celle d’un pays où même les voix les plus influentes de la culture sont désormais sommées de choisir leur camp. Et dans un Nigeria sous tension, une simple veste peut désormais faire plus de bruit qu’un discours politique.
Texte et récit : Marie-Paule N'GUESSAN



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