Nigeria/ Neuf femmes tuées par l’armée lors d’une manifestation à Adamawa.
Nigeria/ Neuf femmes tuées par l’armée lors d’une manifestation à Adamawa.
Un documentaire de Agence Presse Audio
Neuf manifestantes ont été mortellement fauchées par des tirs de l’armée nigériane lundi 08 décembre 2025 dans l’État d’Adamawa, dans le nord-est du pays, selon des témoins concordants et les révélations d’Amnesty International. Elles protestaient contre la gestion militaire des conflits communautaires.
Un documentaire de
Agence Presse Audio
Mise en ligne
10 Décembre 2025
Réalisation
Agence Presse Audio
Mise en onde & mix
Agence Presse Audio
Illustration
Agence Presse Audio
Production
Agence Presse Audio
Neuf manifestantes ont été mortellement fauchées par des tirs de l’armée nigériane lundi 08 décembre 2025 dans l’État d’Adamawa, dans le nord-est du pays, selon des témoins concordants et les révélations d’Amnesty International. Elles protestaient contre la gestion militaire des conflits communautaires.
Dix autres personnes ont été blessées lors de la fusillade. Ces femmes, qui réclamaient l’action des autorités, manifestaient sur un axe routier majeur de la commune de Lamurde lorsque des soldats ont ouvert le feu, après avoir été entravés dans leur progression, ont rapporté des proches des victimes et des témoins oculaires. L’armée nigériane a farouchement nié toute implication, attribuant la responsabilité des tirs à une milice locale.
Amnesty International Nigeria, après avoir recueilli les témoignages des familles et des témoins, a confirmé formellement que des militaires ont bien tiré sur le groupe. Isa Sanusi, directeur de l’ONG au Nigeria, a dénoncé un « manquement persistant de l’armée aux droits humains et à l’État de droit ». Le drame est survenu alors qu’un couvre-feu strict était en vigueur à Lamurde, instauré à la suite de tensions récurrentes et violentes entre les ethnies Bachama et Chobo, attisées par un différend foncier.
Les manifestantes reprochaient précisément aux forces de sécurité leur manque d’intervention pour faire respecter le couvre-feu et enrayer la poursuite des affrontements. Gyele Kennedy, dont la fille est au nombre des victimes, a livré un récit glaçant : « Nous ignorons ce qui les a poussés à agir. Les soldats sont arrivés et, après qu’un d’eux a tiré un coup de semonce, ils ont immédiatement ouvert le feu sur les femmes ».
L’armée maintient, quant à elle, que ses hommes n’ont visé qu’une milice locale, dans un autre secteur de la ville, pointant du doigt la « manipulation non professionnelle des armes automatiques » par cette dernière. Ce type de violences n’est pas isolé au Nigeria, où les forces déployées pour contenir manifestations ou heurts communautaires sont régulièrement accusées d’un usage excessif de la force létale. Amnesty International réitère son appel en faveur d’une enquête exhaustive et de la condamnation des responsables.
Texte et voix : Sam Rivers



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